Racisme en France : l’ONU accuse !

Le comble pour le pays des droits de l’homme. L’ONU s’inquiète du « discours politique » français et des récentes mesures de son gouvernement. Mercredi et jeudi dernier, à Genève, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CEDR), émanation de l’organisation internationale, a examiné la question. Ses conclusions sont sans équivoque.

Roms, déchéance de nationalité, peines plancher, vidéosurveillance… Les récentes mesures sécuritaires du gouvernement français inquiètent l’Organisation des Nations Unies. Depuis mercredi, le CEDR n’a pas manqué de montrer du doigt une « recrudescence notable du racisme et de la xénophobie » dans le pays, épinglant notamment la politique du gouvernement envers les gens du voyage et les « Français d’origine étrangère ».

Alors que les ONG dénoncent une « régression vers une rupture de l’égalité de traitement », les experts du comité n’ont épargné aucun sujet, que ce soit le traitement des gens du voyage et des Roms, le débat sur l’identité nationale, la non-reconnaissance du droit des minorités dans la législation, ainsi que le durcissement du discours politique.

Pour le nigérien Waliakoye Saidou, le carnet de circulation des gens du voyage « rappelle l’époque de Pétain ». Plusieurs membres se sont également demandé si les récents propos de Nicolas Sarkozy étaient compatibles avec la Constitution française. « Je ne comprends pas ce que c’est qu’un Français d’origine étrangère » et « je me demande si cela est compatible avec la Constitution », s’est interrogé l’expert turc Gun Kut.

La question du renvoi des Roms, dont plus de 40 camps illégaux ont été démantelés en 15 jours, a été évoquée à plusieurs reprises. «Comment comprendre que les Roms (…) puissent être extradés comme s’ils n’appartenaient pas à l’Union européenne?», s’est interrogé l’expert algérien Nourredine Amir. «Je ne savais pas que dans un même pays on pouvait faire la différence entre un citoyen de première et de deuxième catégorie», a-t-il ajouté.

L’expert togolais, Dieudonné Ewomsan, a quant à lui évoqué les déclarations de Nicolas Sarkozy, le 30 juillet : « Le discours du chef de l’Etat n’est pas seulement discriminant, c’est aussi une incitation à la haine. »

Du coté du gouvernement, on se défend comme on peut

Ce vendredi 13 août, sur RTL, le porte-parole du parti présidentiel, Dominique Paillé s’est dit « surpris par l’attitude de ce comité », dont il conteste la composition, « avec des gens qui viennent de pays qui ne respectent absolument pas les droits de l’Homme ». Pourtant, les 18 membres du CEDR s’expriment en qualité d’experts, et non pas au nom de leur pays.

M. Paillé est formel, « ce comité se trompe, nous avons un pays qui respecte les principes démocratiques et républicains et les droits de l’Homme, c’est incontestable ». Une méthode de défense qui ne devrait pas convaincre le CEDR, celui-ci reprochant à la France de ne pas se remettre en question en se retranchant derrière son statut de « pays des droits de l’homme ».

Le CEDR devrait rendre son rapport sur la situation française dans une dizaine de jours.

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