Présidentielle en Côte d’Ivoire: angoissantes prolongations

Le climat est tendu ce vendredi, en Côte d’Ivoire. L’armée a décidé jeudi soir de fermer les frontières et de suspendre la diffusion de certaines chaines étrangères, quelques heures après que la CEI a proclamé des résultats donnant Alassane Ouattara vainqueur avec 54,10% des voix contre 45,9% pour Laurent Gbagbo. Une annonce invalidée par le Conseil Constitutionnel. La communauté internationale appelle au respect des résultats.

La tension est forte à Abidjan, ce vendredi. Si le couvre-feu a été reconduit jusqu’à dimanche, des incidents auraient éclaté jeudi soir à la lisière des quartiers d’Adjamé et d’Abobo à Abidjan, entre les partisans d’Alassane Ouattara et de Laurent Gbagbo. Plusieurs personnes auraient été blessées, dont une très grièvement.

La Commission électorale indépendante (CEI) a déclaré, jeudi dans la soirée, l’ex-Premier ministre, Alassane Ouattara, vainqueur du scrutin avec 54,10% des suffrages, contre 45,9% pour le président sortant Laurent Gbagbo. Des résultats largement relayés par la presse française et internationale mais que le Conseil Constitutionnel a aussitôt invalidés, estimant que la Commission électorale ne les avait pas publiés dans le délai de trois jours qui lui était imparti. Paul Yao N’Dré, son président a affirmé que les résultats définitifs seraient annoncés « dans les heures qui viennent ». Un imbroglio médiatique auquel les autorités en place ont réagi en fermant les frontières et en suspendant la diffusion des chaînes Canal Plus Horizon, France 24 et RFI.

Les réactions se multiplient

Dans sa première déclaration après l’annonce des résultats du second tour de la présidentielle, Alassane Ouattara a promis de former un « gouvernement d’union » rassemblant les différentes « forces politiques », invitant ses partisans à célébrer sa victoire «dans la paix», sans «répondre aux éventuelles provocations».

La communauté internationale a, elle, dans son ensemble, appelé au respect des résultats proclamés par la CEI. Par le biais du sous-secrétaire aux affaires africaines, les Etats-Unis ont invité « toutes les parties à respecter les résultats des élections du 28 novembre en Côte d’Ivoire, tels qu’annoncés (jeudi) par la Commission électorale indépendante », a indiqué, pour sa part, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Michael Hammer, dans un communiqué. Allant dans le même sens, Hugo Sada, délégué à la paix la démocratie et les droits de l’homme à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), a estimé que « les résultats » étaient « clairs » quant à la victoire d’Alassane Ouattara. Plus réservée, la France a invité les Ivoiriens «au calme et à la responsabilité».

Mais, vendredi matin, les Ivoiriens ne connaissent toujours pas le nom de leur nouveau président. Pour le camp Ouattara et la communauté internationale, la victoire du candidat du RHDP ne fait aucun doute, mais du côté des partisans de Lauren Gbagbo, c’est au Conseil Constitutionnel de donner les résultats définitifs. « La communauté internationale ne choisit pas le président des Ivoiriens, ce sont les Ivoiriens », déclarait vendredi matin l’ambassadeur de Côte d’ivoire à Paris, Pierre Aimé Kipré.