Niger : la junte fissurée

Le colonel Abdoulaye Badié, ainsi que plusieurs officiers, sont détenus depuis deux jours par l’état-major nigérien. L’armée avait déjà limogé, le 8 octobre, le lieutenant-colonel Abdou Sidikou, haut commandant de la garde nationale. Des événements qui laissent le Niger dans une totale expectative.

Faut-il s’inquiéter des évènements de ces derniers jours au Niger ? Après l’arrestation du numéro 2 de la junte militaire, le colonel Abdoulaye Badié, la tension est de nouveaux palpable dans la capitale, Niamey, et ses environs.
Secrétaire permanent de la junte, il serait détenu dans les locaux de l’état-major à Niamey depuis hier matin, selon l’AFP.

Cette action était semble-t-il préméditée. En effet, le poste de secrétaire permanent qu’il occupait avait été supprimé dès le 10 octobre. Si le pouvoir n’a pas justifié cette décision, des soupçons de tentative de déstabilisation de la junte seraient à l’origine de ces actes. Il aurait tenté, avec quelques officiers de mettre à mal la transition militaire.
Le général Salou Djibo, leader de la junte et dirigeant du Conseil suprême de restauration de la démocratie (CSRD), a par ailleurs limogé le 8 octobre le haut commandant de la garde nationale (ex-garde républicaine), le lieutenant-colonel Abdou Sidikou.

Ces turbulences surviennent alors que le Niger doit rétablir un régime civil le 6 avril 2011 et investir un nouveau président. Le pays est censé engager, avec un référendum constitutionnel prévu le 31 octobre, un processus de transition supposé aboutir à une élection présidentielle démocratique.
La junte militaire avait pris après avoir renversé, en février, le président Mamadou Tandja (1999-2010). Elle avait tout de suite annoncé sa volonté de rendre le pouvoir à un gouvernement civil et élu.