Niger : la junte confirme avoir déjoué un coup d’Etat

La junte au pouvoir au Niger a accusé jeudi dans un communiqué son ex-numéro deux et trois autres officiers supérieurs arrêtés la semaine dernière de tentative de coup d’Etat. La transition vers un régime civil ne devrait finalement pas être perturbée.

La junte au pouvoir a confirmé jeudi ce que les récents évènements avaient laissé à penser. L’arrestation récente de quatre hauts gradés était bien liée à une tentative de coup d’Etat. Elle a affirmé avoir écarté une tentative de putsch à la mi-octobre, tout en assurant que cela ne remettait pas en cause la transition vers un régime civil. Depuis le 8 octobre, quatre hauts gradés, dont le numéro deux de la junte le colonel Abdoulaye Badié, ont été mis aux arrêts.

« La situation est sous contrôle et des investigations conformes aux règles de la justice militaire sont en cours pour établir les implications », a déclaré à la télévision d’Etat le porte-parole du gouvernement, le colonel Goukoye Abdoul Karim.

Les quatre hauts gradés, le lieutenant-colonel Abdou Sidikou, les colonels Amadou Diallo, Abdoulaye Badié et Sanda Aboubacar avaient, selon le Conseil suprême de restauration de la démocratie (CSRD), « ourdi le complot qui vient d’être déjoué et qui consistait à mettre un terme à la transition, y compris en attentant à la vie » du général Djibo, le chef de la junte.

Selon le CSRD, les officiers arrêtés, « opposés depuis toujours » à un retour du Niger « dans un système démocratique et constitutionnel normal », voulaient « confisquer le pouvoir d’Etat à leur propre profit ». L’annonce faite par le porte-parole du gouvernement corrobore donc les rumeurs de tentative de déstabilisation du régime.

Ces arrestations avaient fait basculer le Niger dans l’incertitude, alors que le pays s’apprête à engager avec un référendum constitutionnel prévu le 31 octobre, un processus de transition censé aboutir à une élection présidentielle le 31 janvier 2011. La junte militaire avait pris le pouvoir après avoir renversé, en février, le président Mamadou Tandja (1999-2010). Elle avait tout de suite annoncé sa volonté de rendre le pouvoir à un gouvernement civil et élu.