Niger : grand ménage au sommet de l’Etat

L’arrestation, samedi, du colonel Sanda Aboubacar porte à quatre le nombre de hauts gradés arrêtés par la junte au pouvoir au Niger. Trois autres officiers, dont l’ex-numéro deux de la junte, le colonel Abdoulaye Badié, sont accusés d’avoir tenté de « déstabiliser » le régime. Des divergences de points de vue sur la conduite de la transition dans les hautes sphères du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD) semblent être la cause des ces troubles. Des perquisitions ont eu lieu à leur domicile ces deux derniers jours.

Alors que tous observaient avec admiration le déroulement de la transition démocratique, les récents événements ont fait basculer le Niger dans l‘incertitude.
Quatre hauts gradés, membres de la junte qui s’est emparée du pouvoir le 18 février, ont été mis aux arrêts et sont détenus à Niamey. Ils sont soupçonnés d’avoir tenté de déstabiliser le pouvoir pour prolonger la transition militaire. Si une brume épaisse entoure toujours ces quatre arrestations, il paraît aujourd’hui clair que certains au sein de la junte ne souhaiteraient pas voir la transition en cours s’achever de sitôt.
La terminologie de la situation se précise peu à peu. Selon RFI, certaines sources n’hésiteraient pas à parler maintenant d’une « tentative de coup d’Etat » et même « d’assassinat ». Le lieutenant-colonel Abdou Sidikou, les colonels Amadou Diallo, Abdoulaye Badié, et Sanda Aboubacar en seraient les cerveaux. Leur domicile a été perquisitionné dimanche et lundi.

Reste maintenant à savoir qu’elles conséquences auront ces arrestations. On ne sait toujours pas si elles sont un signe de fébrilité de la junte, ou un acte de reprise en main du processus de transition démocratique de la part du général Sélou Djibo. Celui-ci en ressortira t-il renforcé ou isolé ?

Ces tensions inopinées interviennent alors que 27 personnalités, représentant les différentes forces politiques – dont la junte au pouvoir et des partisans de l’ancien président Mamadou Tandja – ainsi que les institutions en charge de la transition démocratique, ont signé vendredi un accord pour un pacte républicain à Rome. Cet accord a été signé dans le cadre d’un séminaire sur « la paix et la réconciliation nationale », organisé par la communauté catholique de Sant’Egidio. « Nous allons réussir la transition démocratique », a déclaré Marou Amadou, président de a principale instance en charge de la transition démocratique, le Conseil consultatif national (CNN).

Après le coup d’Etat qui a mis fin en février à dix ans de pouvoir du président Tandja, le Niger s’apprête à engager, avec un référendum constitutionnel prévu le 31 octobre, un processus de transition censé aboutir à une élection présidentielle le 31 janvier 2011.