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Princess Erika

Reggae - Ragga / Cameroun

Princess Erika est née en 1988. Avant, elle s'appelait Erika. Juste Erika. C'est même elle, si l'on en croit K-Reen, choriste de luxe sur son nouvel album, qui en 1988 a lancé le reggae en France - en même temps que l'ego-trip féminin, d'ailleurs - avec "Trop de bla bla". (Parenthèse. Pour fêter les 10 ans d'une fructueuse collaboration avec la mutuelle qui utilise "Trop de bla bla" pour sa communication, il serait question d'un remix, qu'opèrerait très bientôt un french dj en vogue…). (Parenthèse bis. De ses deux grands tubes (quand on réécoute ses cinq albums, on se rend compte qu'en fait, on connaît plein de chansons d'elle), c'est "Faut que j'travaille" qui a le mieux marché, le plus tourné.) Peut-être aussi que le clip de Dahan avec Romain Duris a joué. Donc, "Trop de bla bla", 1988. Direct icône sexy. Branchée. Hype. Palace. Lunettes noires, Bergère Folies et Bains de minuit. Bizot la kiffe, Nova la joue (avant de laisser freestyler l'émergent hip-hop des NTM et Ministère AMER ). Car Erika a connu tout ça. Elle a vu, lu, écouté, regardé, rencontré, côtoyé, (été) détesté, (été) adoré et vécu tout ça. Les années 90. Les Noirs et les Arabes accèdent au statut d'intermittents du spectacle : ils commencent à apparaître au cinéma, à la télé, au théâtre, dans les clips. Erika, toujours aux premières loges : des sound-systems de la Poterne des peupliers à l'académie française de la musique que sont les Enfoirés. Chez Paco Rabanne, où tant de pousses breakèrent, rappèrent et toastèrent. Comme chez Foulquier ou Nagui. Devant Beaubourg et sa pendule géante tendue vers l'an 2000. À Kingston pour faire un disque. Ou Bamako pour faire monter sur scène son assoce des "Voix de l'Espoir". Les années 90, l'apparition des "blackeries", comme on disait en maison de disques et dans les médias, quand les artistes étaient pas là. Reggae, hip-hop, world music et dérivés raffinés. Nouvelles esthétiques. Tendances urbaines. Génériques et travellings célestes de Spike Lee. Relecture de Frantz Fanon, Cheikh Anta Diop, Mohamed Ali et Zora Neale Hurston. Première expo Basquiat à Paris. William Klein, l'Affiche et Megamix. Erika incarnerait assez bien tout cela si justement elle n'avait eu de cesse d'y échapper. De le traverser seulement. Chanteuse d'abord. Qui expérimente. Touche à tout et parle avec tous. Qui fera du cinéma avec Smaïn et Élie Semoun et, accessoirement Romain Goupil. Et du théâtre avec Peter Brook. Mais participera aussi à La Ferme des célébrités. Comme Booba participera à La Star Ac'. Comme George Clinton voulait envoyer les Noirs là où ils n'étaient jamais allés, dans l'espace… (Avec en plus pour La Ferme une bonne excuse : faire gagner 30 000 euros à l'association d'Aminata Traoré). Pendant toutes ces années, bonne cliente chez Arthur, Ardisson et Ruquier. Mais aussi sur Comedy. Facéties, pitreries et gauloiseries. Reconnue dans les studios et les backstages par tous les jeunes artistes qui peinent à croire qu'ils jamment avec l'interprète de "Trop de bla bla" et de "Faut que j'travaille". La seule vraie grande soeur, si on regarde bien, dans tout le business français.

Albums

Juste Erika

A l'epreuve du temps

Tant qu il y aura/1t

D'origine

Trop de bla bla

Calomnie


Site web

http://www.myspace.com/princesseerika

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