Mogadiscio s’enfonce dans la violence

L’avenue Maka al-Mukarama dans la ligne de mire des insurgés islamistes. Cette route stratégique, qui relie l’aéroport à la présidence somalienne, est devenue mercredi le théâtre des affrontements entre les shebab, et les forces gouvernementales. Depuis trois jours, les combats entre les deux parties ont fait au moins 72 morts.

La menace shebab se fait de plus en plus persistante. Les insurgés ont concentré mercredi leurs offensives vers le principal l’axe routier. Un point stratégique encore sous le contrôle des forces gouvernementales et des forces de l’Union africaine (Amisom). L’avenue Maka al-Mukarama, qui relie l’aéroport à la présidence somalienne, a été toute la journée et en plusieurs endroits le théâtre de violents affrontements. Munis d’armes lourdes et de batteries anti-aériennes en tirs tendus, les shebab ont frappé les positions d’une milice pro-gouvernementale, Ahlu Sunna wal Jamaa (ASWJ), et de l’Amisom. « Nous avons avancé dans les positions ennemies et nos forces ont presque coupé la route Maka Al-Mukarama, qui sert au ravitaillement de l’adversaire », a déclaré un porte-parole militaire des shebab, Sheikh Abdiaziz Abu-Muscab. Une déclaration démentie par Abdi Ali, un responsable des services de sécurité du gouvernement de transition (TFG) : « Nos forces contrôlent toujours la zone, même si les militants d’Al-Qaïda ont tenté de pénétrer plusieurs de nos positions ce matin. Nous les avons défaits », explique-t-il à l’AFP.

« Opération éliminer les apostats »

Depuis le lancement de leur offensive lundi, baptisée « opération éliminer les apostats », les shebab se concentrent sur l’avenue Maka al-Mukarama. « Le gouvernement apostat ne contrôle plus qu’une des quatre routes principales de Mogadiscio et, avec l’aide de Dieu, nos combattants couperont cette route et ainsi les lignes d’approvisionnement de l’ennemi », a souligné le porte-parole militaire des shebab. Si les combattants parvenaient à prendre le contrôle de cet axe, les forces gouvernementales se retrouveraient en grande difficulté et ne pourraient plus contenir les assauts des insurgés.

En trois jours, ces affrontements ont coûté la vie à 72 civils dont six ont été tués mercredi, fauchés par des balles perdues ou des obus de mortiers. Mardi, 33 personnes, dont quatre parlementaires, avaient été tuées dans une attaque-suicide des shebab contre un hôtel abritant députés et officiels du TFG. Des violences condamnées par les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France et le pape Benoit XVI. Le chef de l’Eglise a demandé mercredi « qu’aucun effort ne soit épargné pour rétablir le respect de la vie et des droits de l’homme ». L’Éthiopie, dont les troupes avaient occupé la Somalie de 2006 à 2009, ont appelé à la « destruction des shebab et de leurs combattants étrangers qui ne cessent de semer la mort et le chaos (…) ».

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