Madagascar : après avoir renoncé à la présidentielle, Rajoelina de nouveau candidat

Contre toute attente, Andry Rajoelina, président de la transition à Madagascar, qui avait renoncé à se présenter à la présidentielle, a finalement décidé d’être candidat au scrutin qui se tiendra en juillet.

Il est finalement revenu sur sa promesse. Andry Rajoelina qui avait renoncé à se présenter à la présidentielle de juillet est candidat au scrutin. Un coup de théâtre dont personne ne s’attendait. C’est lorsque la Cour électorale spéciale a dévoilé ce vendredi la liste officielle des 41 candidats à la présidentielle que l’on a découvert qu’elle contenait également le nom du chef de la transition. La Cour, elle, justifie « la candidature de M. Andry Nirina Rajoelina par le principe de la liberté de tout citoyen de se porter candidat à toutes les élections afin de permettre à tout un chacun de choisir librement celui ou celle qui dirigera leur destinée, pour instaurer un climat d’apaisement permettant de tenir des élections justes, crédibles et acceptées par tous. »

Il y a encore quelques mois, Andry Rajoelina et son prédecesseur Marc Ravalomanana, exilé en Afrique du Sud, avaient décidé tous deux de renoncer à la présidentielle afin d’apaiser les tensions politiques dans le pays dues également à leurs querelles. Le président de la transition qui a mené un coup d’Etat contre l’ex-chef d’Etat malgache en mars 2003, plongeant le pays dans une grave crise économique ne l’a jamais autorisé à rentrer dans son pays comme il en avait fait la demande.

De surprise en surprise

Marc Ravalomanana lui ne s’est pas présenté au scrutin, mais c’est son épouse Lalao Ravalomanana qui se porte candidate. Elle est donc autorisée à conduire la mouvance de son mari même si le code électoral ne l’autorise légalement pas à se présenter, en raison de son retour tardif d’Afrique du Sud, qui va à l’encontre de l’obligation de tout candidat d’avoir résidé au moins six mois avant le scrutin à Madagascar.

Contre toute attente, l’ex-chef d’Etat malgache Didier Ratsiraka est lui aussi parmi les candidats à la présidentielle. A 76 ans, il pense qu’il peut encore apporter quelque chose à son pays. L’ancien dirigeant avait dirigé la Grande île entre 1975 et 1993 et entre 1997 et 2002. Selon lui, « il n’est pas interdit de vaticiner à 76 ans. C’est le lot des vieux schnocks. Je pense que je peux apporter encore quelques services à ce pays. Lors de ce dialogue malgacho-malgache, j’apporterai humblement une, deux, peut-être trois solutions que j’estime pérennes, efficaces, durables, démocratiques, consensuelles pour sortir le pays de cette crise qui n’a que trop duré », a-t-il déclaré à RFI. Une crise dont lui et ses prédécesseurs portent une part de responsabilité.