Les rescapés du génocide pour des poursuites contre Pierre Péan

L’ancien président de la principale organisation des rescapés du génocide de 1994 au Rwanda « Ibuka » (Souviens-toi), François-Xavier Ngarambe, s’est insurgé jeudi, contre la lenteur de la justice française dans le traitement du dossier d’instruction concernant une plainte déposée depuis 2006 contre l’écrivain français, Pierre Péan. Péan aurait écrit des propos controversés sur les tragédies rwandaises, dans le livre intitulé « Noires fureurs, Blancs menteurs ».

Mercredi, le parquet général de Paris a ouvert une enquête concernant la poursuite judiciaire contre l’écrivain, suite à la plainte déposée en février 2006 par les associations des rescapés du génocide au Rwanda.

« C’est une lenteur déplorable pour la justice française de justifier qu’un tel dossier était toujours en examen depuis plus d’une année. Nous avons porté plainte, car le livre de l’écrivain français est un ouvrage du plus radical des racismes », a fait remarquer M. Ngarambe.

Les rescapés ont chargé Maître Xavier Dhonte, avocat en France et Maître Bernard Maingain, avocat en Belgique, de prendre toutes les initiatives au niveau pénal et civil en vue de faire reconnaître leurs droits, selon la même source.

Dans son livre, Péan, se fondant notamment sur l’exploitation en primeur d’archives de l’ancien chef de l’Etat français, François Mitterrand, a attribué au Front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir) et à son principal dirigeant, l’actuel président Paul Kagame la responsabilité principale des massacres.