Les partisans de Gbagbo menacent l’Onuci et Ouattara

Le ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, a menacé mercredi soir d’attaquer l’hôtel du Golf, QG d’Alassane Ouattara, après le 1er janvier 2011. Les Casques bleus, qui protègent le Président proclamé par la Commission électorale ivoirienne et reconnu par la communauté internationale, ont fait l’objet d’attaques du camp Gbagbo, le président sortant reconduit par le Conseil constitutionnel.

Le spectre de la violence reste plus que jamais d’actualité en Côte d’Ivoire. Alors que la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a calmé le jeu mercredi en écartant l’option militaire, les partisans de Laurent se font toujours aussi menaçants. Charles Blé Goudé, ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo et leader des « Jeunes patriotes », a appelé mercredi soir son camp à s’emparer de l’hôtel du Golf, QG du gouvernement d’Alassane Ouattara. « Au-delà du 1er janvier, moi Charles Blé Goudé et les jeunes de Côte d’Ivoire, allons libérer le Golf Hôtel les mains nues », a-t-il lancé devant plusieurs milliers de ses partisans rassemblés à Yopougon, un quartier d’Abidjan. Le ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo avait préalablement appelé ses partisans à un rassemblement avant finalement d’y sursoir pour, disait-il ce mardi « donner une chance à la diplomatie ».

Il réitère ainsi les menaces du général Brunot Blé Dogbo, chef de corps de la Garde Républicaine, fidèle à Laurent Gbagbo, qui avait appelé le 12 décembre dernier, à « déloger et à libérer l’Hôtel du Golf? ». Actuellement encerclé par la Garde républicaine, l’hôtel du Golf est protégé par des éléments de l’ex-rébellion des Forces nouvelles alliée à Ouattara et par 800 Casques bleus de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci).

L’Onuci, attaquée, va « faire face»

Priée de quitter la Côte d’Ivoire par Laurent Gbagbo, la mission onusienne a été visée mardi par une attaque dans le quartier de Yopougon, dans la capitale Abidjan, au cours de laquelle un Casque bleu a été blessé à la machette et un véhicule incendié. Les évènements ont été filmés et retransmis par la Radio télévision ivoirienne (RTI). L’ONU accuse cette dernière, contrôlée par le régime Gbagbo, d’inciter « la population à se tourner contre l’Onuci ». Selon Alain Le Roy, chef des opérations de maintien de la paix aux Nations unies, la chaîne relaie des « appels à la haine » contre cette force de quelque 9 000 hommes. « Il n’est pas question que nous partions, nous allons faire face », a-t-il assuré.

Youssouf Bamba, l’ambassadeur de Côte d’Ivoire à l’ONU désigné par Alassane Ouattara, a, lui, demandé mercredi à l’organisation d’agir pour empêcher un « génocide » dans son pays. Il a indiqué qu’Alassane Ouattara était « vraiment inquiet » à cause des attaques perpétrées contre ses partisans. Le représentant d’Alassane Ouattara, déclaré victorieux par la Commission électorale indépendante (CEI), accuse le camp Gbagbo d’avoir tué des personnes uniquement « parce qu’elles voulaient manifester, se faire entendre, défendre la volonté du peuple ». « Nous sommes à deux doigts d’un génocide », a déclaré le diplomate ivoirien.

Selon un bilan des Nations unies, au moins de 173 personnes ont été tués depuis le début de la crise électorale en Côte d’Ivoire.