Les otages occidentaux embarrassent le Mali


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Les 14 touristes occidentaux enlevés en février dernier au Sahara se trouvent depuis la semaine dernière au Mali. Alors que leurs ravisseurs réclament une rançon, le ballet diplomatique se poursuit. Une situation qui n’arrange pas le Mali.

Les touristes enlevés dans le Sahara se trouvent aujourd’hui au Mali. C’est un fait admis depuis la semaine dernière. « A Bamako, on en parle beaucoup, toute la presse commente le sujet. Depuis le début, nous suivons le déroulement de l’histoire », affirme un journaliste du Nouvel Horizon. Lundi, L’Indépendant a même fait sa Une avec la photo de Michaela Spitzer, la touriste allemande morte d’insolation le 28 juillet dernier. Il reste donc quatorze Occidentaux (neuf Allemands, quatre Suisses et un Néerlandais) aux mains des islamistes armés présumés membres du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC).

Le groupe a d’abord été localisé dans la région de Kidal (nord-est), où des notables locaux ont servis d’intermédiaires avec les ravisseurs. Les autorités maliennes ont également reçu une cassette montrant les otages et faisant état d’une demande de rançon de 4,6 millions d’euros par otage pour leur libération. Cette cassette vidéo a probablement été filmée près du massif de l’Adrar des Iforas, un massif qui déborde en Algérie, vaste étendue désertique de plusieurs milliers de km et peuplée de nomades. A présent, et selon la radio allemande Hessischer Rundfunk, les ravisseurs et leurs otages se trouveraient dans la zone désertique malienne de Taoudenni, située entre la Mauritanie et l’Algérie. Ces deux zones frontalières sont peu habitées, méconnues des autorités et sont le théâtre d’un banditisme mobile.

Le temps presse

Le Nord du Mali est en effet la plaque-tournante de la contrebande organisée entre les différents pays et les nomades qui se livrent à cette activité voient d’un très mauvais œil le chassé-croisé des forces militaires et des émissaires maliens et allemands sur leur territoire. De plus « la longue rébellion qu’a connu la région s’est soldée par une trêve qui ne tient qu’à une poignée de main entre les chefs des tribus et les autorités maliennes », note L’Essor. Les Maliens ont peur que la situation des touristes étrangers ne dégénère sur leur sol. « Les gens ne sont pas contents, ils sont inquiets, ils ont encore en tête le mauvais souvenir de la rébellion », explique le journaliste du Nouvel Horizon.

Une tension qui a fait réagir le Président Amadou Toumani Touré. Il a déclaré jeudi : « Le Mali est prêt, dans un sens humanitaire, à s’investir et à aider à la recherche d’une solution urgente. (…) Le Mali ne saurait reculer fac à cette question qui est d’une importance particulière ». Mais le temps presse. Selon El Watan, six des otages seraient très malades et nécessiteraient des soins rapides. Les médiations maliennes et allemandes se poursuivent donc même si le ministère allemand des Affaires étrangères et le ministère malien de la Sécurité se refusent toujours à tout commentaire, afin de ne pas mettre la vie des otages en danger. Mauvaise nouvelle : la télévision allemande d’information en continu n-tv rapporte lundi que « le contact avec les ravisseurs a été interrompu ».

Au total, 32 touristes européens avaient été enlevés au Sahara algérien entre la mi-février et la mi-mars. Un groupe de 17 otages avait pu être libéré en mai dernier lors d’une opération commando de l’armée algérienne.

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