Le libre échange pour succéder aux conventions de Lomé

Un nouveau pacte entre Européens et pays d’Afrique-Caraïbes-Pacifique organisera, à l’horizon des 20 prochaines années, un vaste système de libre-échange.

Lomé IV, dernière d’une série de conventions entre l’Europe et 71 pays ACP, majoritairement africains, a expiré en février pour laisser place à un autre accord, ratifié trois semaines auparavant à Bruxelles. Celui-ci devra encore être ratifié par les chefs d’État des 86 pays membres et leurs parlements respectifs, ce qui devrait prendre 15 mois. D’ici-là, des mesures d’applications transitoires devraient être prises.

On prête une durée de vie de 20 ans au nouvel accord. Le temps nécessaire pour intégrer des pays ACP – dont 38 figurent parmi les plus pauvres de la planète – dans l’économie mondiale, par une libéralisation à la carte de leurs échanges avec le vieux continent.

Objectif à terme : passer de relations commerciales fondées sur un système de préférences unilatérales, à des accords de libre échange entre l’UE et des ensembles régionaux homogènes. Pour ce faire, l’Europe va verser pas moins de 22, 5 milliards d’euros aux ACP ces sept prochaines années.

Deux clauses vont enrichir le nouveau traité. La première concerne le respect des droits de l’Homme, de l’État de droit et de la lutte contre la corruption. La violation d’un des principes peut entraîner la suspension de l’aide. La seconde aborde, pour la première fois, la question de l’immigration en faisant référence à la réadmission des immigrés clandestins dans leur région d’origine, qu’ils soient « nationaux », ou sans papiers.