Le Canada défend la diversité culturelle


Lecture 5 min.
arton6669

Le premier Forum canadien sur l’entreprise de la culture aura lieu à Paris du 12 au 14 janvier 2004. Cette rencontre internationale réunira les entrepreneurs des arts et de la culture du Canada, d’Europe et d’Afrique francophone. Explications de Sheila Copps, ministre canadien du Patrimoine.

Du 12 au 14 janvier 2004, plus de 500 entrepreneurs canadiens, européens et africains francophones se réuniront à Paris pour le Forum canadien sur l’entreprise de la culture. Une initiative qui se place en droite ligne de l’engagement du Canada pour la défense de la diversité culturelle, comme l’explique Sheila Copps, ministre canadien du Patrimoine, ministère à l’origine de la manifestation.

Afrik : Le Forum canadien sur l’entreprise de la culture est une première. Qu’attendez-vous de cette rencontre internationale ?

Sheila Copps : Le Forum sera une rencontre commerciale de professionnels des arts et de la culture venus de trois continents. Il est l’expression de notre engagement à promouvoir les exportations de produits et services culturels, mais aussi la diversité culturelle à l’échelle internationale. Les entrepreneurs canadiens, et ceux des pays francophones d’Europe et d’Afrique, y rencontreront des spécialistes de l’investissement, des financiers, des chefs de file de l’industrie culturelle. Nous leur offrirons des outils pour appréhender des marchés d’exportation fortement concurrencés. Nous espérons que les entrepreneurs d’Afrique francophone participeront en grand nombre au Forum. En effet, le défi de pénétrer des marchés étrangers se pose plus particulièrement aux entreprises des pays en développement : elles ne disposent pas des mêmes structures d’appui ni des mêmes infrastructures que les entreprises des pays industrialisés. Le Forum consacrera donc un volet important aux industries culturelles africaines. On y parlera par exemple de la façon dont les secteurs publics et privés peuvent travailler ensemble pour favoriser un environnement propice à la créativité, à l’innovation et à la prospérité.

Afrik : Quels sont justement les principaux acteurs africains invités ?

Sheila Copps : L’invitation s’adresse aux petites et moyennes entreprises des pays francophones d’Afrique qui se spécialisent dans le secteur des arts et de la culture, qu’il s’agisse de cinéma, d’arts visuels, de nouveau média, d’édition, de musique, d’arts de la scène, des métiers d’art, de design ou de radiodiffusion. Si ces entrepreneurs s’intéressent à l’exportation ou à la diversification de leurs marchés internationaux, cette rencontre est pour eux. Nous invitons aussi des représentants du secteur public, des acheteurs et des distributeurs, des décideurs, des artistes et auteurs-créateurs, des associations professionnelles, des institutions et les médias.

Afrik : Pourquoi le Canada est-il aussi engagé dans la défense de la diversité
culturelle ?


Sheila Copps : La société canadienne fait l’expérience quotidienne de la diversité de par
son ascendance aborigène, sa dualité linguistique et son caractère multiculturel. Notre expérience nous a hissés au rang des sociétés les plus diverses sur le plan ethno-culturel et des plus pacifiques au monde. Pour nous, la diversité culturelle consiste à rester ouvert aux multiples influences et produits culturels du monde, tout en faisant connaître nos récits et entendre nos voix. Nous pensons que la diversité culturelle est une source de créativité et d’innovation, en plus d’être un agent de cohésion sociale et de développement économique. Elle est aussi importante pour le bien-être et l’avenir de l’humanité que la biodiversité peut l’être pour la santé de la planète. C’est pour cette raison que le Canada et ses partenaires du Réseau international sur la politique culturelle, fondé à Ottawa en 1998, travaille depuis des années à sensibiliser la communauté internationale à l’importance d’élaborer et d’adopter une Convention internationale sur la diversité culturelle.

Afrik : Ce Réseau international intègre-t-il des pays africains ?

Sheila Copps : Plusieurs pays d’Afrique en font partie et s’intéressent à la question. D’ailleurs, le groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) a invité le Canada à faire une présentation sur cette convention en juin dernier, à Dakar, lors de la première réunion des ministres de la Culture des ACP. La Conférence générale de l’Unesco étudie ce mois-ci la possibilité d’élaborer une Convention internationale qui ferait partie de cette institution. Une délégation canadienne est actuellement à Paris pour défendre ce projet devant les pays membres de l’Unesco.

Afrik : Quels sont les principaux partenariats culturels développés entre votre
pays et l’Afrique ?


Sheila Copps : Le Canada a signé des ententes de co-productions audiovisuelles avec l’Algérie, le Maroc, l’Afrique du Sud et le Sénégal. L’un des bijoux de ces co-productions, auquel la France a aussi participé, est le film du réalisateur sénégalais Moussa Sene Absa, Madame Brouette. En 2002, le Canada a tenu une consultation bilatérale avec la Tunisie pour faire progresser la coopération économique et l’accès aux marchés entre les deux pays, notamment dans le secteur culturel. Dans le domaine de l’édition, des entreprises canadiennes ont des partenaires en Afrique. C’est le cas du Groupe Beauchemin, éditeur scolaire canadien, qui est associé aux Éditions des écoles nouvelles africaines, au Sénégal. De son côté, le Conseil des arts du Canada, une agence gouvernementale, partage son expertise avec le Conseil national des arts d’Afrique du Sud, qui désire créer une banque d’oeuvres d’art sur le modèle canadien. Notre engagement au sein de la Francophonie nous permet aussi de consolider des liens avec plusieurs pays africains. Qu’il s’agisse de contribuer à renforcer les capacités des gouvernements en matière de politiques culturelles, d’appuyer la promotion ou la diffusion des arts ou de soutenir la production audiovisuelle, le Canada participe activement à des partenariats multilatéraux avec de nombreux pays d’Afrique.

Visiter le site du Forum canadien sur l’entreprise de la culture

Newsletter Suivez Afrik.com sur Google News