La France sous la menace d’Al-Qaïda ?

A la suite de deux fausses alertes à la bombe, la police française a procédé à d’importantes évacuations à la Tour Eiffel et à la gare Saint-Michel, mardi soir à Paris. Les craintes d’un attentat terroriste étaient d’autant plus grandes que les alertes sont intervenues le jour de l’adoption définitive par le Parlement de la loi interdisant le port du voile intégral dans l’espace public. Quelques jours auparavant, le patron de l’antiterrorisme français, Bernard Squarcini, indiquait que la menace d’un attentat « n’a jamais été aussi grande » en France.

Grosses frayeurs, mardi soir, à Paris. Les forces de l’ordre ont procédé à d’importantes évacuations à La Tour Eiffel, aux abords du Champ de Mars et à la gare RER Saint-Michel, à la suite de deux alertes à la bombe données par des coups de fil anonymes. Ces alertes sont restées sans conséquences et la police n’a retrouvé aucun objet suspect. Mais les services de sécurité, habitués à ce genre de menaces qui visent fréquemment des lieux touristiques, ont pris celles-ci très au sérieux en raison de la proximité du 9ème anniversaire du 11 septembre et de l’adoption définitive, mardi, de la loi interdisant le port du voile intégral dans l’espace public.

Même niveau de menace qu’en 1995

Le directeur central du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, a déclaré que la menace d’un attentat « n’a jamais été aussi grande » en France, dans un entretien publié ce samedi dans Le journal du dimanche. Le patron de l’antiterrorisme français a même indiqué que le pays est « au même niveau de menace qu’en (juillet) 1995 », lorsqu’un attentat (imputé au GIA algérien) avait frappé la station de RER Saint Michel à Paris, faisant 8 morts et de 117 blessés.

Les autorités françaises sont convaincues que le sol français est sous la menace d’attentats terroristes, ce pour de multiples raisons. « Notre pays, à cause de son histoire, de son engagement en Afghanistan, de prises de positions fermes en matière de politique étrangère et de débats de société comme la loi sur le voile intégral, fait l’objet d’un intérêt très particulier de certains mouvements islamistes radicaux », a indiqué Squarcini. La plus grande menace viendrait d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Le groupe armé, qui a déjà exécuté un otage français, Michel Germaneau, en juillet dernier au Sahel, serait susceptible d’envoyer un « commando pour commettre un ou des attentats en France ». Le risque pourrait également provenir du « Français converti qui se radicalise et monte son opération seul » ou des « djihadistes, ces Français qui partent en Afghanistan ou au Yémen, demain en Somalie, et qui reviennent clandestinement, aguerris, pour poursuivre leur combat sur le sol français », selon le chef du CDRI.

Politique étrangère, Burqa, Afghanistan…

Le fait que les alertes à la bombe visant la Tour Eiffel et la gare Saint-Michel soient intervenues le jour même où le Parlement français a adopté le projet de loi interdisant la burqa dans l’espace public a sans doute mis les nerfs des services de sécurité à rude épreuve. Les autorités savent que la menace est réelle. En juin 2009 déjà, alors que la polémique sur la burqa battait son plein, l’AQMI promettait de se venger de la France. « Nous nous vengerons de la France et de ses intérêts par tous les moyens à notre disposition, pour l’honneur de nos filles et de nos sœurs», avait affirmé le dirigeant du groupe extrémiste, Abou Moussab Abdoul Wadoud.

L’accroissement de la menace d’attentats terroristes a poussé le Premier ministre François Fillon à renforcer le plan Vigipirate durant cet été. Le dispositif antiterroriste reste au niveau rouge, avec une attention particulière pour les sites touristiques symboliques.