La communauté internationale lâche Patassé


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La communauté internationale a unanimement condamné le coup d’Etat réalisé samedi en Centrafrique par le général François Bozizé. Mais nul ne semble remettre en cause la situation de fait née du putsch éclair.

Le général François Bozizé n’a pas tardé à faire fructifier son coup d’Etat du 15 mars dernier en Centrafrique. Après s’être autoproclamé  » président de la République « , au lendemain du putsch victorieux, l’ancien chef d’Etat-major a suspendu la Constitution, dissous l’Assemblée nationale et limogé le gouvernement. La communauté internationale condamne sur tous les tons,  » fermement « ,  » sans équivoque « … mais n’appelle pas au rétablissement du président élu Ange-Félix Patassé et semble accepter le fait accompli. Mardi, les radios privées avaient recommencé à émettre et Bangui à revivre, selon l’AFP. De nombreux Centrafricains sont rassurés de voir les quelque 300 militaires français déployés aux côtés des troupes de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac).

Statu quo

Les Etats-Unis ont appelé lundi les putschistes à  » restaurer l’ordre dans la capitale et dans le reste du pays et à prendre des mesures en vue d’une réconciliation nationale qui conduise à un gouvernement démocratiquement élu « . Sans faire allusion à celui qui vient d’être renversé.  » Seul un dialogue véritable et sans exclusive peut permettre le retour à la légalité, à la cohésion nationale et à la paix civile « , a ajouté le ministère français des Affaires étrangères.

Seule l’Union africaine (UA), par l’intermédiaire de son organe central pour le règlement des conflits, a demandé  » aux auteurs du coup d’Etat de prendre des mesures immédiates pour réinstaller le gouvernement démocratiquement élu du pays « . Le colonel libyen Muhammar Khaddafi, dont les hommes ont longtemps assuré la sécurité du président centrafricain, n’a pas prononcé le nom d’Ange-Félix Patassé lors de sa condamnation du putsch du 15 mars.

Un président peu fréquentable

Il faut dire que le chef de l’Etat déchu, toujours réfugié à Yaoundé (Cameroun), est vu par beaucoup comme un obstacle à un retour de la paix en Centrafrique. Le dialogue national qu’il a proposé à la fin de l’année 2002, en vue de résoudre la crise qui secoue son pays depuis 1996, tardait à se réaliser. De plus, son rapprochement avec la Libye, et surtout avec le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, l’a beaucoup desservi. L’allié naturel de la Centrafrique qu’est la France a fini par prendre ses distances. Et les exactions commises par les troupes du MLC, en zone rebelle comme en zone sous contrôle loyaliste, ont poussé la Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) à saisir la Cour pénale internationale à son encontre.

Le général putschiste a bien compris le message de la communauté internationale. Lundi, tel le chef de l’Etat qu’il estime être, François Bozizé a officiellement demandé le renforcement des forces de la Cemac et le maintien des troupes françaises à Bangui. Il devrait s’entretenir mardi avec Rodolphe Adada, le ministre des Affaires étrangères congolais.

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