L’Ambassadeur de Chine aime le troc


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L’Ambassadeur de Chine en République Démocratique du Congo s’est laissé aller à livrer les clefs des investissements de son pays en Afrique centrale…

L’ambassadeur chinois en RD Congo, Wu Ziang, a prononcé le mot ‘‘troc’’ pour expliquer le type de coopération que la Chine, son pays, a conclu avec la RDC. Il s’époumonait, mercredi 14 novembre au Grand Hôtel Kinshasa au cours d’une conférence-débat, à expliquer à l’assistance que l’investissement financier chinois en RDC n’augmenterait pas la dette de ce pays qui est déjà trop salée.

Le troc, ou comment éviter la dette

Comme d’aucuns le savent, le troc est un procédé qui consiste à échanger un bien contre un autre bien, ou contre un service; ou encore un service contre un autre service. La pratique a existé partout avant l’invention de la monnaie comme moyen d’échange. Dans l’histoire, les peuples ont souvent recouru au troc en temps de crise, notamment pendant la guerre. Aujourd’hui, le troc est en force dans les économies enclavées, coupées du secteur d’économie monétaire. C’est le cas en RDC, dans plusieurs régions de l’arrière-pays qui vivent de l’auto-subsistance.

Sous d’autres cieux, notamment entre la défunte URSS et les Etats-Unis d’Amérique, l’échange du blé contre les machines se pratiquait régulièrement. La pratique est encore en vigueur en Russie actuelle. Par ailleurs, lors d’une récente visite à Alger, le président français Nicolas Sarkozy et sa délégation ont négocié avec l’Algérie, un accord d’échange de l’uranium et du gaz algériens contre la construction des centrales nucléaires. C’est du troc.

Minerais contre infrastructures

La Chine, qui s’affirme comme puissance économique crédible, a besoin des minerais congolais qu’elle veut acquérir moyennant la construction des infrastructures. Ce n’est donc pas un compromis qui devrait choquer, étant entendu que la coopération sino-congolaise n’a aucun caractère exclusif. Il ne manquerait donc pas de mauvaises langues ici et là pour crier haut et fort que le troc est une modalité d’échange démodée, archaïque. Loin s’en faut! La Chine, troisième partenaire commercial de l’Afrique après les Etats-Unis et la France, s’intéresse tant au continent noir qu’il devient la nouvelle frontière commerciale pour les entreprises chinoises.

Même si la part du commerce entre la Chine et l’Afrique reste quelque peu marginale, elle a néanmoins progressé de manière remarquable en moins d’une décennie. Entre 2000 et 2006, l’évolution des échanges commerciaux est passée de plus de 10 milliards de dollars à plus de 50 milliards. En RDC, la colonie chinoise s’implante progressivement et son nombre ne cesse de croître notamment dans les zones minières. Sur le plan commercial, trois pays africains sont grands exportateurs vers la Chine. Il s’agit de l’Afrique du Sud, auprès de qui la Chine achète pour plus de 65 % de valeur les métaux ferreux et d’autres minerais, de la RDC qui y exporte surtout le cobalt et le Gabon comme exportateur de manganèse et de bois.

Gagnant gagnant

‘‘Nous allons réussir le coup avec la RDC’’, a assuré à The Post l’ambassadeur Wu Ziang, dont le pays construit une coopération économique basée sur le principe ‘‘gagnant-gagnant’’. ‘‘L’intervention chinoise en Afrique est sincère, désintéressée et sans conditions’’, avait déclaré le président chinois Hu Jintao, début novembre 2006, lors du premier Sommet Chine-Afrique à Beijing.

Par Cyrille Kileba Pok-A-Mes

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