Jocelyne Beroard : « Toto Bissainthe et Jenny Alpha m’ont beaucoup inspirée »

La diva martiniquaise Jocelyne Beroard, chanteuse du groupe Kassav’, se produit ce vendredi, lors de la soirée d’ouverture du festival Vibrations Caraïbes « Amazones », à la Maison des cultures du monde, à Paris. Elle rendra hommage à deux figures de la culture caribéenne, Toto Bissainthe et Jenny Alpha.

La comédienne et chanteuse martiniquaise Jenny Alpha, qui a débuté sa carrière d’artiste dans les cabarets parisiens où, dans les années 1930, se jouaient biguine, jazz et bossa nova, a côtoyé les plus grands. Des artistes tels que les Américains Duke Ellington et Joséphine Baker, ainsi que Stellio et les autres vedettes de la musique antillaise de la première et seconde moitié du XXe siècle. Décédée à Paris en septembre dernier, à l’âge de 100 ans, son parcours et son œuvre ont marqué les artistes des générations suivantes, parmi lesquels Jocelyne Béroard. L’intensité et l’authenticité du répertoire de l’haïtienne Toto Bissainthe (1934 – 1994), inspiré de la tradition vaudou, n’ont pas non plus laissé insensible la chanteuse martiniquaise qui, à travers l’hommage qu’elle rendra ce soir à ces deux femmes, entend célébrer toutes les battantes. Entretien.

Afrik.com : Vous avez acceptez de venir au festival Vibrations Caraïbes entre deux tournées de Kassav. Qu’est-ce qui vous a motivé ?

Jocelyne Beroard
: Il y a notamment le thème lié aux amazones. C’est un thème important puisqu’il s’agit de rendre hommage aux femmes. Les amazones sont un symbole en ce sens que c’était des femmes qui se battaient, qui étaient dignes, qui n’avaient peur de rien, qui étaient capables de se défendre.

Afrik.com : Par rapport à vos propres créations, vous avez beaucoup milité pour l’émancipation, le respect de la femme créole…

Jocelyne Beroard :
Je n’ai pas pour habitude de dire que j’ai milité pour la libération de la femme créole. Je pense que c’est ma façon de vivre. Je défends une vision, simplement. J’estime que, de par mon vécu, de par mon expérience, j’ai une façon de penser qui est d’abord respectueuse vis-à vis de tout le monde, de l’Homme en général, et je souhaite que les gens aient à peu près la même attitude vis-à-vis de moi. Ce n’est pas parce que je suis une femme que je n’ai pas droit à une certaine autorité, à une certaine liberté dans la mesure où je me respecte. Le tout c’est une question de respect. Je respecte les gens, je respecte la vie. C’est ce que je défends.

Afrik.com : Le festival de cette année rend hommage à Toto Bissainthe et Jenny Alpha. Ces deux femmes vous ont-elles inspirée ?

Jocelyne Beroard :
Bien sûr. Elles ont été comédiennes et chanteuses. Jenny était une battante, c’est vrai qu’elle a été chef d’orchestre, qu’elle a beaucoup travaillé. C’était pour moi le symbole de la douceur toute sa vie durant. Ce n’est pas quand elle a atteint son grand âge qu’elle devenue comme ça. Toto était un peu plus « roots », un peu plus déchirée. Pour moi les deux sont des battantes, elles sont pour moi des exemples. Elles m’inspirent beaucoup, je les aime et les respecte.

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