Guinée : le second tour de l’élection présidentielle en suspens

Les autorités guinéennes ont annoncé, mercredi soir, le report du second tour de la présidentielle à une date indéterminée. La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), qui s’est prononcée en faveur d’un report à l’issue d’une réunion avec les deux candidats, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé, à invoqué des raisons techniques. Les tensions entre les deux candidats avait conduit à des affrontements meurtriers entre leurs partisans le week-end dernier à Conakry. « Nous allons vers l’impasse », s’inquiète le général Sekouba Konaté.

Le second tour de l’élection présidentielle en Guinée, prévu dimanche 19 septembre, est reporté à une date indéterminée. Le général Sekouba Konaté, président de la Transition, a accédé à la requête de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) qui réclamait davantage de temps. Celle-ci « vient de suggérer un report de la date du second tour de l’élection présidentielle initialement prévue pour le 19 septembre prochain pour des raisons techniques liées aussi aux exigences des candidats », a indiqué le général Sekouba Konaté lors de l’adresse à la Nation qu’il a prononcée mercredi soir.

Le premier ministre de la transition, Jean-Marie Doré, avait convoqué plus tôt dans la journée les dirigeants de la CENI ainsi que les deux candidats, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé, pour faire le point de l’avancement des travaux d’organisation du second tour. Le favori, Cellou Dalein Diallo (avec 43,69 % des voix au premier tour du 27 juin), était contre un report mais Alpha Condé (18,25 %), pointant des dysfonctionnements au sein de la CENI, assurait qu’il était impossible d’organiser des élections transparentes dans les délais initialement prévus. La CENI a donc tranché en faveur d’un report. Le porte-parole de la Commission, Thierno Ceydou Bayo, a indiqué à l’AFP que l’une des raisons de cet ajournement était liée à l’arrivée en Guinée de quelque 465 000 nouvelles cartes d’électeurs numérisées provenant d’Afrique du Sud qui ne sont attendues à Conakry que « dans la nuit de dimanche à lundi ». Elles devront ensuite être distribuées dans les régions. Il a en outre évalué à « deux semaines » le délai nécessaire pour achever les préparatifs.

Les espoirs déçus

Les tensions entre les deux candidats, Cellou Dallein Diallo et Alpha Condé, avait conduit à de violents affrontements entre leurs partisans le week-end dernier à Conakry, qui ont causé la mort d’une personne et fait plusieurs dizaines de blessés.

Lors de son discours à la nation, mercredi soir, le général Sekouba Konaté n’a pas pu cacher son amertume : «Je constate avec grand regret que malgré notre effort de patience et les assurances qui m’ont été données, nous allons vers une impasse. J’estime que l’espoir a été déçu. » Le président de Transition en Guinée a demandé l’intervention du médiateur de la crise guinéenne, le président burkinabè Blaise Compaoré.

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