Ecole d’art au village en Afrique : éblouissants regards d’enfants

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Des centaines de portraits d’enfants, les yeux brillants d’amour et d’espoir. Ils ont été photographiés dans 14 pays africains, d’anciennes colonies françaises qui célébraient cette année le cinquantenaire de leurs indépendances. Ecole d’art au village en Afrique superpose des photographies d’enfants et les dessins réalisés par ces derniers avec l’aide de plasticiens. A l’origine du projet, le photo-reporter d’Afrik.com, Sébastien Cailleux.

« Il y a une photo que je n’ai jamais montrée : des centaines de mains tendues qu’on pourrait comparer à une demande d’aide humanitaire. Le besoin d’art est aussi important que de se nourrir », raconte Sébastien Cailleux, se remémorant la première ville dans laquelle il a débarqué pour réaliser le projet Ecole d’art au village en Afrique : Saint-Louis du Sénégal, où une nuée d’enfants s’est ruée vers lui et son appareil photo. Par la suite, le photographe et ses deux associés, le malgache Soavina Ramaroson et la française Gwénaëlle Dubreuil, se sont rendus dans treize autres pays. Mali, Niger, Congo, Cameroun, Gabon, Togo, Côte d’Ivoire… Les anciennes colonies françaises qui célébraient cette année le cinquantenaire de leur indépendance. L’occasion de faire quelque 1500 enfants « s’approprier leur patrimoine à travers une activité éducative, artistique et culturelle », explique Sébastien Cailleux. En effet, chaque portrait est couplé à un dessin réalisé par l’enfant lui-même, sous la houlette d’un plasticien sélectionné dans le pays hôte. Le résultat, une œuvre collective composée de centaines de clichés. Des visages et des dessins originaux, représentant chacun un pays, un imaginaire différent, mais reflétant tous une même vitalité, la joie et les espoirs du continent.

Ecole d’art au village en Afrique n’aurait pas existé si de nombreux partenaires sur le continent noir et en France n’avaient soutenu le projet. Pour la plupart d’entre eux, c’est la vision du magnifique travail réalisé par Sébastien Cailleux, Eyerusalem Abera et Leikun Nauhusenay – deux anciens étudiants en Beaux-arts d’Addis-Abeba –, en Ethiopie, entre 2008 et 2009, intitulé Ecole d’art au village, dessins d’enfants et photographies, qui a servi de déclencheur. Séduits par cette première expérience, ils ont accepté d’accompagner la suivante. Au premier rang d’entre eux, le Secrétariat général du cinquantenaire des indépendances africaines, présidé par Jacques Toubon, qui a labellisé le projet ; et les ministères de l’Education nationale, de la Culture et des Affaires étrangères de France et des quatorze Etats concernés par l’initiative. S’ils n’ont pas fourni de contribution financière comme la France, les autorités des pays où se sont rendus les photographes, par leur soutien politique et administratif, ont aidé à sa réalisation.

Le fruit du travail des enfants, des plasticiens et des photographes a été exposé cette année dans les ambassades de France et les réseaux culturels des quatorze pays africains sélectionnés. Un livret, préfacé par Claude Picasso[Le fils du célèbre peintre Pablo Picasso.]], présente cette belle œuvre collective. Sa version papier n’a pas encore vu le jour – la crise de l’édition est passée par là –, mais celle [consultable sur internet « est d’une efficacité extrême », estime Sébastien Cailleux. Pour le photographe français, l’EDAAV (Ecole d’art au village) a encore de beaux jours devant lui, « c’est un travail de fond qui a pour vocation de se poursuivre » avec les enfants et les artistes engagés dans le projet. En cette fin d’année, Sébastien Cailleux est retourné aux sources de cette belle aventure, en Ethiopie, afin de parachever une exposition qui verra le jour en 2011, au Château de Versailles.

 Le site d’Ecole d’art au village (EDAAV)

 Le blog de Sébastien Cailleux