Djibouti s’offre la démocratie

La République de Djibouti est entrée le mercredi 04 septembre 2002 dans le multipartisme dit intégral, après n’avoir toléré pendant dix ans que quatre partis. Fin de la clandestinité pour bon nombre de formations politiques opposées aux idées du président Ismaïl Omar Guelleh.

Une nouvelle ère s’est ouverte à Djibouti, celle du multipartisme intégral. Après 15 ans de régime unitaire (1977-1992), 10 ans d’expérimentation d’une démocratie à quatre formations politiques (1992-2002), la République de Djibouti passe à la vitesse supérieure. Ce petit pays de la corne de l’Afrique, à peine plus grand que la Slovénie, s’offre la démocratie.

La situation d’équilibriste – ni monopartisme ni multipartisme intégral- voulue par le père de l’indépendance djiboutien Hassan Gouled Aptidon (premier président de la République de Djibouti), relève désormais d’un passé révolu.

Depuis le mercredi 04 septembre 2002, plus besoin de raser les murs à Djibouti-ville ou de s’exiler pour faire entendre sa voix. La porte est ouverte à toute formation politique. Un pas important vers la liberté de pensée et le débat d’idées monopolisés depuis 1992 par quatre partis politiques. Le RPP (Le rassemblement pour le progrès), le FRUD (Le Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie), le PRD ( Le parti pour la restauration de la démocratie) et le PND (Parti National Démocratique). Une exclusivité conférée par une loi adoptée en même temps que la Constitution djiboutienne par référendum le 4 septembre 1992 limitant à quatre les formations politiques pour une période de dix ans.

Deux nouveaux partis en 24 heures

Cette disposition restrictive consistait, dans l’esprit de ses concepteurs, à instaurer une période d’apprentissage des règles de la démocratie, et à éviter la prolifération de partis politiques à base clanique ou tribale dans un pays secoué à l’époque par une guerre civile. L’avènement du multipartisme intégral intervient environ quatre mois avant l’organisation d’élections législatives, en décembre prochain, au cours desquelles seront renouvelées les mandats pour cinq ans des 64 députés de l’Assemblée nationale. Ces élections seront le premier test grandeur nature pour la coalition au pouvoir (RPP et FRUD) dirigée par Ismaïl Omar Guelleh. La révision des listes des électeurs dont le nombre est bloqué à 170000 depuis trois ans sera, à n’en pas douter, une des exigences de l’opposition.

Pour l’instant, et vingt quatre heures seulement après l’officialisation du multipartisme intégral, deux partis politiques ont été reconnus. L’Union de l’opposition unifiée de Ismaël Guedi Hared, ex-directeur de cabinet de l’ancien chef de l’état Hassan Gouled Aptidon (1977-99), à l’instar de l’actuel chef de l’Etat, Ismaël Omar Guelleh, qui a rempli ces mêmes fonctions. Le second parti est le ex FRUD-Armée (Front des Républications Unis pour le Développement) d’Ahmed Dini Ahmed signataire en mai 2001 des derniers accords de paix avec le gouvernement en place.

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