Covid-19 et hydroxychloroquine : le Maroc et l’Algérie recadrent l’OMS

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, patron de l'OMS

Alors que l’OMS a demandé de suspendre temporairement les essais de l’hydroxychloroquine dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, le Maroc et l’Algérie, qui disent avoir enregistré de probants résultats grâce à la Chloroquine, n’entendent pas changer de stratégie. Ces deux pays d’Afrique du Nord dégagent ainsi en touche les recommandations de l’OMS.

Le débat autour de l’hydroxychloroquine dans la lutte contre le Covid-19, s’il continue ailleurs, a été clos au Maroc. Alors que l’Organisation Mondiale de la Santé vient de suspendre les essais, notamment après la publication d’une étude dans The Lancet, la prestigieuse revue britannique spécialisée dans le domaine de la recherche scientifique, du fait « d’un risque de décès associé à ce traitement est trop élevé », le royaume du Maroc entend, lui, poursuivre avec le protocole dit Raoult.

Si en France, le Haut conseil de la santé publique recommande de limiter l’utilisation de l’hydroxychloroquine, au Maroc, les autorités sanitaires ont décidé de poursuivre le traitement à base de Chloroquine. En effet, selon la presse marocaine, L’Economiste notamment, « le Maroc qui a généralisé le traitement à la Chloroquine n’adhère pas aux conclusions de l’étude de la revue britannique The Lancet ni à la décision de l’OMS concernant la suspension « temporaire » des études menées avec l’hydroxychloroquine et la Chloroquine ».

Selon le gouvernement marocain, « les avis divergent. Mais, l’essentiel est que la Chloroquine intervient dans l’inactivation virale ». De l’avis de Khalid Aït Taleb, ministre marocain de la Santé, « le virus infecte l’hôte en s’introduisant dans la cellule en plusieurs étapes. Une des étapes est inhibée par la chloroquine ». La presse marocaine rappelle que les autorités royales avaient acté, le 8 avril dernier, le « démarrage du traitement à la Chloroquine et le contrôle de guérison chez les patients de Covid-19 ».

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L’Economiste rappelle que « sur les 7 556 cas de Covid-19 recensés au Maroc à la date du 26 mai 2020, à 10 heures, 4 841 sont guéris en suivant le Protocole à la Chloroquine. Les autres sont en cours de traitement ». Le journal, rappelant les effets positifs constatés sur les patients traités selon le protocole adopté par le comité scientifique, Khalid Aït Taleb avait « autorisé ce traitement pour les cas possibles de Covid-19 symptomatiques, sans attendre les résultats de virologie, et tout en envisageant l’arrêt du traitement si le test s’avère négatif ».

Médecin anesthésiste et réanimateur à Fès, le Dr Mounir Mikou est d’avis que « le Maroc a bien raison de maintenir son protocole de traitement qui a prouvé son efficacité thérapeutique (…) ». Et de déplorer : « Comme plusieurs scientifiques, je veux crier mon ras-le-bol quant aux contre-vérités qui entourent cette maladie et cette multitude d’études qui nous mettent dans la confusion et engendrent un manque de confiance et de crédibilité ».

En Algérie, le docteur Mohamed Bekkat, membre du comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de Covid-19, par ailleurs président du Conseil de l’ordre des médecins algériens, a confié à l’AFP : « Nous avons traité des milliers de cas avec ce médicament avec beaucoup de succès à ce jour. Et nous n’avons pas noté de réactions indésirables », ajoutant que « nous n’avons enregistré aucun décès lié à l’utilisation de la Chloroquine ».

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