Covid-19 et dexaméthasone : quand l’OMS salue des travaux sur un médicament plus dangereux que l’hydroxychloroquine

Le Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus

Alors que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a salué les premiers résultats d’essais cliniques montrant que la dexaméthasone peut sauver la vie de patients gravement touchés par le Covid-19, le médicament en question s’avère dangereux. En tout cas beaucoup plus létal que l’hydroxychloroquine.

Si les résultats préliminaires partagés avec l’OMS indiquent que pour les patients sous respirateurs, le traitement s’est révélé réduire la mortalité d’environ un tiers, et pour les patients nécessitant uniquement de l’oxygène, la mortalité a été réduite d’environ un cinquième, le Professeur Didier Raoult décèle des manquements graves dans la réalisation et les conclusions de cette étude.

Sur Twitter, le Professeur Didier Raoult et ses collègues se disent « choqués par le taux de mortalité monstrueux dans le groupe SOC de l’essai Recovery ». Revenant sur les différents chiffres de cette publication, notamment 41% chez les patients ventilés, 25% chez les patients nécessitant de l’oxygène et 13% dans le groupe ne nécessitant aucune intervention, Didier Raoult crie au scandale.

Surtout lorsqu’il compare les résultats de cette étude aux chiffres que lui et son équipe ont obtenus à Marseille. En soins intensifs, 16% des patients sont décédés. Chez les patients uniquement admis à l’hôpital, le taux baisse à 5%, et à 0,6% pour les patients traités à l’hydroxychloroquine.

Didier Raoult iagnostique les deux des scientifiques en charge de ces essais sur la dexaméthasone. « Est-ce que Martin Landray et Peter Horby pourraient expliquer pour quelle raison ils n’ont pas informé le public des taux de mortalité dans chacun des sous-groupes du groupe hydroxychloroquine ? Ils l’ont fait pour obtenir des résultats significatifs dans le groupe dexaméthasone », s’indigne le Professeur français.

Des informations remises en cause par Didier Raoult, alors que l’OMS, par la voix de son Directeur général, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, se glorifie qu’il « s’agit du premier traitement à réduire la mortalité chez les patients atteints de Covid-19 nécessitant de l’oxygène ou un ventilateur (…). C’est une excellente nouvelle et je félicite le gouvernement du Royaume-Uni, l’Université d’Oxford et les nombreux hôpitaux et patients du Royaume-Uni qui ont contribué à cette percée scientifique vitale ».

Et c’est ce même Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui, sur la base d’une étude jugée « foireuse » par Didier Raoult et publiée par The Lancet, avait ordonné la suspension des essais cliniques à l’hydroxychloroquine, avant de décréter la reprise des travaux lorsque le « prestigieux » magazine avait remis en cause les travaux parus dans ses colonnes. Dire que l’OMS ne rate aucune occasion pour déconseiller l’ hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19.