La démocratie progresse dans l’opinion des Africains


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Soixante-douze pour-cent des Africains soutiennent la démocratie, d’après une enquête d’Afrobaromètre, un institut de sondage indépendant qui s’intéresse à la perception de ce régime sur le continent depuis 1999. Les résultats obtenus montrent l’évolution de la perception des systèmes politiques en Afrique subsaharienne.

Les Africains seraient-ils plus favorables à la démocratie qu’auparavant ? D’après une étude d’Afrobaromètre sur « l’évolution des régimes politiques africains entre 1999 et 2008», ils seraient 72% à la soutenir aujourd’hui. Mais les chiffres varient : au Botswana, 85% des habitants sont favorables à la démocratie alors qu’ils ne sont que 39% à Madagascar. La première année de l’étude, en 1999, ils étaient 68% à partager cette opinion contre 63% et 61% et 2002 et 2005. Quant aux régimes autoritaires, 57% des Africains consultés les rejettent complètement en 2008.

Pour mener cette enquête, des sondeurs ont interrogé 26 414 Africains dans 19 pays [[Afrique du Sud, Benin, Botswana, Burkina Faso, Cap Vert, Kenya, Lesotho, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Mozambique, Namibie, Nigeria, Ouganda, Sénégal, Tanzanie, Zambie]] courant 2008. Les différentes questions permettent d’évaluer jusqu’à quel point les participants soutiennent la démocratie : au total, seulement 45% d’entre eux veulent plus de démocratie tout en rejetant complètement les autres régimes. On constate qu’en 1999, le soutien populaire à la démocratie était important, sans doute à cause des régimes de transition. Il a diminué par la suite, mais il semble augmenter à nouveau en 2008. Quant aux régimes actuels des Etats, 41% des citoyens interrogés estiment que leur pays est une démocratie et en sont satisfaits.

Avant de poser des questions sur ce que les citoyens souhaitent, Afrobaromètre s’assure qu’ils sachent définir cette notion. 71% des sondés considèrent qu’un pays est démocratique quand il y existe la liberté d’expression, plusieurs partis politiques et des élections régulières.

Afrobaromètre, un organisme indépendant

Afrobaromètre est un institut indépendant formé de l’Université de Michigan (MSU), un des cofondateurs du projet, et de trois institutions africaines de recherche sur la démocratie et sur le développement économique : le Centre pour la Démocratie et le Développement du Ghana (CDD-Ghana), l’Institut pour la démocratie en Afrique du Sud (Idasa) et l’Institut de Recherche Empirique en economie au Bénin (IREEP). Il organise des enquêtes nationales sur « la qualité de la démocratie et de la gouvernance ». « Notre objectif est de collecter des données fiables et scientifiques sur les attitudes du public dans les pays où nous travaillons », explique Carolyn Logan, professeur assistante à l’université de Michigan. D’un point de vue technique, Afrobaromètre travaille comme un autre institut de sondage : des enquêteurs interrogent les Africains à leur domicile en fonction d’un échantillonnage représentatif de la population. « Chaque citoyen adulte d’un pays étudié a une chance d’être sélectionné », commente Carolyn Logan. Pour cerner leurs positions, des formulaires d’une centaine de questions et d’affirmations à commenter ont été élaborés.

Pour que les résultats aient de l’impact, ils doivent être largement diffusés, indique Carolyn Logan : « Nous espérons que nos conclusions puissent contribuer au débat public dans les pays concernés ainsi que d’élaborer des programmes politiques et des plans d’éducation civique. Les résultats sont largement diffusés. Notre but est qu’ils soient utilisés le plus possible. Nous ciblons les décideurs, les personnalités influentes, les journalistes, ainsi que les chercheurs et les universitaires nationaux ou internationaux. » En effet, les chiffres sont repris dans plusieurs médias. Mais il faut rester prudent : la perception de la démocratie n’est pas facile à appréhender car de nombreux critères sont à prendre en compte. On ne peut résumer l’opinion des citoyens par un seul chiffre.

 L’enquête d’Afrobaromètre

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