Affaire Ilan Halimi : l’ombre de Youssouf Fofana plane de nouveau sur la cour d’assise

Le procès en appel de dix-huit membres présumés du « gang des barbares » à l’origine de la mort d’Ilan Halimi s’est ouvert à huis clos lundi devant la cour d’assise du Val de Marne en banlieue parisienne. Youssouf Fofana doit témoigner pour éclairer le tribunal sur le rôle de chacun dans l’enlèvement, la séquestration et l’assassinat il y a quatre ans, du jeune juif. La défense a également cité comme témoin la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie qui avait ordonné au parquet d’interjeté appel.

Même sans le vouloir, Youssouf Fofana refait parler de lui. Bien qu’ayant renoncé à faire appel de sa condamnation à perpétuité pour l’assassinat, début 2006, d’Ilan Halimi, lourde condamnation à la réclusion à perpétuité avec une peine de sûreté incompressible de 22 ans en première instance, le chef du « gang des barbare » reste une personne centrale du nouveau procès de l’enlèvement, la séquestration et l’assassinat du jeune Ilan Halimi qui s’est ouvert ce lundi devant la cour d’assises des mineurs du Val-de-Marne, ou dix-huit de ses complices présumés sont rejugés.

Alors qu’il s’était autoproclamé chef du gang, Youssouf Fofana doit être interrogé à titre de témoin, à chaque étape du procès de ses présumés complices, qui doit durer deux mois. Sa condamnation étant désormais définitive, sa collaboration avec la justice est loin d’être acquise. « Il ne fera que témoigner au procès de ses complices, s’il accepte de se déplacer, et il peut venir raconter n’importe quoi (…) En faisant appel, la partie civile a obtenu paradoxalement de se retrouver dans la main de Youssouf Fofana: les débats vont dépendre de son bon vouloir », a expliqué l’avocat de l’un des accusés, interrogé par Le JDD.

Les déclarations de Youssouf Fofana vont d’autant peser dans les débats qu’il semble être le seul a pouvoir expliciter le rôle qu’avait pu jouer chacun des accusés en février 2006, lorsqu’Ilan Halimi, jeune juif de 23 ans fut enlevé, séquestré, torturé et tué, la demande de rançon de ses ravisseurs n’ayant pas abouti.

Parmi les dix-huit personnes dont le procès s’est rouvert ce lundi, l y a notamment Samir Aït Abdelmalek, lieutenant présumé de Youssouf Fofana et la jeune fille qui avait servi d’ »appât » pour attirer Ilan Halimi. Le premier avait été condamné à 15 ans de réclusion tandis que la jeune fille avait écopé de neuf ans de prison, alors que l’accusation requérait entre 10 et 12 ans.

Michèle Alliot-Marie témoin ?

Un autre témoin dans ce nouveau procès pourrait être la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie. Les avocats de la défense l’ont citée car c’est elle qui avait instruit le parquet de faire f appel du jugement de juillet 2009, après que plusieurs associations juives avaient jugé les peines prononcés contre certains accusés trop clémentes eu égard à la gravité des faits. Michèle Alliot-Marie a indiqué qu’elle n’avait pas été témoin des faits. Elle a cependant précisé qu’elle se tenait à la disposition de la cour d’assise si celle-ci jugeait utile d’entendre son témoignage.

Pour les avocats des accusés, ce second procès est inutile, tout ayant selon eux déjà été dit et jugé, et la plupart des peines prononcées en première instance ayant été très proche des réquisitions formulées à l’audience. Début juillet 2009, Youssouf Fofana avait été condamné à la perpétuité avec 22 ans de sûreté. Vingt-quatre co-accusés avaient écopé de peines allant de six mois avec sursis à 18 ans de réclusion. Deux autres accusés avaient été acquittés.