30 octobre 2014 / Mis à jour à 18:22 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Tunisie - Conflit - Politique - Religion - Election - Conflit social - Démocratie
Tunisie : les conservateurs d’Ennahda cèdent face aux modérés
Hamadi Jebali et Rached Ghannouchi du parti islamiste Ennahda

Le chef du parti islamiste tunisien Ennahda, Rached Ghannouchi, a fini par accepter la décision du Premier ministre Hamadi Jebali de composer un gouvernement formé en partie de technocrates.

La frange conservatrice d’Ennahda a cédé face aux modérés. Moins d’une semaine après la mort de l’opposant Chokri Belaïd, le leader d’Ennahada, Rached Ghannouchi, a fini par accepter la décision du Premier ministre Hamadi Jebali de former un gouvernement composé de technocrates. Pendant cinq jours, Ennahda était divisée en deux blocs : le clan Jebali, les modérés favorables au gouvernement de technocrates, et le clan Ghannouchi, les conservateurs contre le gouvernement proposé par Jebali.

« Le gouvernement qui peut sauver la situation dans le pays est un gouvernement de sauvetage national et de coalition nationale. Notre initiative va sûrement aller vers celle de Jebali », a déclaré Ghannouchi, ce mardi, à la chaîne tunisienne Al Moutawasat. Une déclaration qui sonne comme un désaveu pour celui qui entendait garder la main sur les ministères régaliens. Mais avait-il le choix ? Selon la loi d’organisation provisoire des pouvoirs publics, le Premier ministre peut en effet « créer, modifier et supprimer les ministères et les secrétariats d’Etat, et fixer leurs attributions et prérogatives, après délibération du Conseil des ministres et information du président de la République ». En d’autres termes, Hamadi Jebali a, dans le contexte politique actuel de la Tunisie, le droit le plus total de composer un nouveau gouvernement avec ou sans l’aval de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC). Et en l’intronisant à la tête du gouvernement en décembre 2011, l’ANC lui a octroyé ce droit.

Le compromis

« On est ouvert à tous afin d’arriver à composer un gouvernement de compétences nationales qui rejoint ce que demande Jebali, avec une représentation élargie », a ajouté Ghannouchi. Toutefois, ce dernier souhaite que le nouveau cabinet « représente aussi les forces politiques ». D’après lui, des pourparlers ont été entamés avec une demi-douzaine de partis, dont les alliés progressistes d’Ennahda : Ettakatol et le CpR, présents dans l’actuelle troïka.

Ettakatol, le parti du Président de la République Moncef Marzouki, et le parti du Congrès pour la République (CpR), dirigé par le président de l’ANC Mustapha Ben Jaafar, à l’instar de Ghannouchi, n’étaient pas d’accord pour la formation d’un gouvernement apolitique. Mais dans un contexte de crise politique, approfondie par l’assassinat de l’opposant Chokri Belaïd, quelle autre alternative aurait dans l’immédiat soulagé la colère des Tunisiens si ce n’est l’arrivée au pouvoir de leaders apolitiques ? Car pour élire les nouveaux favoris de la Tunisie, le peuple devra patienter jusqu’à la rédaction finale de la Constitution afin d’organiser de nouvelles élections.


lire aussi
En Tunisie, la déchirure au sein de la coalition au pouvoir se poursuit. Celle d’Ennahda ne fait que commencer...

La crise politique en Tunisie est toujours en état d’alerte. Les discordes continuent d’alimenter le quotidien de la troïka. La scission est au porte de la coalition...

Des dizaines de milliers de personnes ont assisté ce vendredi aux obsèques de l’opposant Chokri Belaïd à Tunis. Un assassinat cautionné par Ennahda ? Organisé par les anciens proches de Ben Ali ? Maryam...

L’assassinat de l’opposant emblématique Chokri Belaïd, mercredi, a embrasé la Tunisie. Les manifestations ont tourné au drame : un policier se trouve dans le coma après avoir été tabassé jeudi par des...


à la une




communiqués


en bref




image du jour

dossiers

liens utiles