Tunisie : la police tire sur les manifestants qui réclament la démission du gouvernement


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La police a tiré du gaz lacrymogène contre des manifestants à Sidi Bouzid, berceau de la révolution tunisienne, qui réclamaient la démission du gouvernement d’Ennahda.

La tension est à nouveau monté d’un cran à Sidi Bouzid, dans le centre du pays. Berceau de la révolution tunisienne, où le vendeur ambulant Mohammed Bouazizi s’était immolé par le feu, déclenchant le soulèvement qui a provoqué la chute de Ben Ali. La police a tiré en l’air et fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des manifestants qui réclamaient la démission du gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahda. Selon des témoins, qui se sont confiés à l’AFP, les forces de l’ordre sont intervenues au moment où des protestataires tentaient d’empêcher le gouverneur d’entrer dans la mairie. L’opposition laïque a en effet appelé à un mouvement de désobéissance civile et d’occupation des bâtiments publics pour obtenir la démission du gouvernement.

Les tensions sont particulièrement vives en Tunisie depuis la mort de l’opposant Mohamed Brahim, tué par balles devant chez lui par des individus qui circulaient en moto, alors qu’il descendait de voiture. Six mois après le meurtre de l’emblématique opposant Chokri Belaid, le pays est à nouveau secoué depuis plusieurs jours par une vague de manifestations, à Tunis, où l’on réclame la démission du gouvernement, mis en cause dans cet assassinat, ainsi que la dissolution de l’Assemblée nationale constituante (ANC). Cette dernière peine à atteindre ses objectifs, faute de consensus sur la nouvelle Constitution.

Bras-de-fer entre manifestants

Face à la contestation, les partisans d’Ennahda n’ont pas dit leur dernier mot. Ils ont organisé dans la nuit de samedi à dimanche, après la rupture du jeûne, une manifestation qui a rassemblé 200 000 personnes à Tunis pour affirmer la légitimité du gouvernement élu démocratiquement. Une personne aurait péri dans ces tensions et quatre arrêtées dans la banlieue de la capitale tunisienne. Selon Rached Ghannouchi, dirigeant d’Ennahda, cette manifestation « a fait échouer une tentative d’importer un coup d’État », faisant référence au renversement par l’armée du Président islamiste, Mohamed Morsi, le 3 juillet dernier en Egypte.

De leur côté, les autorités elles ont accentué leur traque contre un groupe terroriste dans le Mont Chaambi, près de la frontière algérienne depuis que 8 soldats tunisiens ont été sauvagement exécutés. En guise de riposte, les forces armées tunisiennes ont donc lancé une opération d’envergure contre ces terroristes qui seraient liés à Al Qaida. C’est aussi pour contester cette insécurité grandissante dans le pays, que l’opposition a appelé à un nouveau rassemblement massif contre le gouvernement mardi.

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