28 novembre 2014 / Mis à jour à 15:14 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Tunisie - Politique - Travail - Conflit social
Tunisie : l’UGTT et Ennahda, un duel en stand-by
Siège de l’UGTT à Tunis

Pas de grève générale en Tunisie. Un terrain d’entente entre la commission administrative de l’UGTT et le gouvernement a été trouvé mercredi en fin de journée. L’accord doit encore faire l’objet d’une validation par le syndicat.

In extremis, le gouvernement tunisien est parvenu à un accord mardi en fin d’après-midi avec la commission administrative de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) après 48 heures de négociations. La grève générale prévue ce jeudi a donc été annulée. La principale centrale syndicale du pays ne relâche toutefois pas la pression tant que l’accord n’est pas validé.

Dans ses propositions, le gouvernement présenterait des excuses officielles à l’UGTT suite aux incidents du 4 décembre. Ce jour-là, une manifestation organisée par l’UGTT pour célébrer le 60e anniversaire de l’assassinat, le 5 décembre 1952, de Ferhat Hached, figure emblématique du syndicalisme, dégénère en violences. Une contre-manifestation de pro-Ennahda se rassemble devant le siège de l’UGTT. Très vite, la tension monte et de virulents échanges verbaux marquent le début d’échauffourées. Une commission conjointe UGTT-Gouvernement devrait être constituée afin d’enquêter sur ces évènements. Enfin, l’UGTT déposera plainte contre les ligues de protection de la révolution.

Un échec de l’UGTT ?

Mais vu sous un autre autre angle, l’UGTT pourrait en réalité avoir perdu son bras de fer face à Ennahda. En renonçant au mot d’ordre de grève générale, à l’arme fatale, l’UGTT tire un trait sur la réitération d’un acte historique. Car à ce jour, la Tunisie n’a connu qu’une seule grève générale depuis son indépendance en 1956. La première, c’était en 1978. Elle avait provoqué émeutes et bain de sang. Même pour le soulèvement populaire tunisien ayant entraîné la chute du régime Ben Ali, l’UGTT a appelé à un simple arrêt de travail d’une durée de deux heures seulement.

Une décision qui sonne donc comme un désaveu pour l’UGTT. Lui, qui en lançant son appel à la grève générale, a joué une grosse carte, n’est finalement pas aller jusqu’au bout de son engagement. L’UGTT flanche-t-il ?


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