Sénégal : les rebelles du Mfdc libèrent les 9 démineurs


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Les neufs démineurs, jusque-là, entre les mains du Mouvement des Forces démocratiques de la Casamance (Mfdc), ont recouvré, ce vendredi, la liberté, grâce à une série de médiations, après deux mois et 8 jours dans le maquis. Ils avaient été enlevés le 3 mai dernier, à Kailou, localité située dans le département de Ziguinchor (sud), alors qu’ils procédaient à une opération de déminage humanitaire dans cette localité.

(De notre correspondant à Dakar)

Ils étaient douze au début, neuf hommes et trois femmes, privés de liberté par des hommes armés identifiés comme étant des combattants du Mouvement des Forces démocratiques de la Casamance (Mfdc), appartenant au camp de César Atoute Badiate. Vingt jours après leur kidnapping, plus exactement le 22 mai, pour exiger leur libération, les organisations de la société civile avaient organisé une marche silencieuse qui, semble-t-il, avait porté ses fruits. En effet, le 27 mai, les trois femmes recouvraient la liberté pour des raisons humanitaires.

Les principaux facilitateurs

Plusieurs personnalités ont joué leur partition pour la libération de ces otages. Outre le roi d’Oussouye (sud), le clergé catholique, Robert Sagna, l’émissaire du président de la République, y jouera un rôle déterminant, comme cela avait été le cas dans la libération des huit soldats, en décembre dernier. En outre les Présidents de la Gambie et de la Guinée Bissau auraient exercé une pression pour la libération des démineurs. Comme c’était le cas avec le commandant Salif Sadio, le Président Jammeh a convaincu César Atoute Badiate. Entretemps, le Président Cherifo Namadjo s’est également mêlé du dossier. Il serait entré en contact avec les rebelles pour les interpeler sur les lenteurs notées dans la libération des neuf otages restants, en dépit d’intenses négociations.
Le 20 juin passé, dans les termes d’un communiqué, César Atoute Badiate annonçait être prêt à libérer les neuf otages, mais s’opposait à la poursuite du déminage en Casamance. Jugeant que le déminage humanitaire, fait par le gouvernement du Sénégal depuis les cinq derniers mois, est fait de connivence avec les stratégies militaires. A noter qu’en Casamance, les mines ont fait plus de 800 victimes en 20 ans.

Les raisons de chef rebelle

Le chef de guerre a joint, ce vendredi, l’acte à la parole, en libérant les neufs démineurs à Kassolole. Devant plusieurs de ses éléments fortement armés, « Ban-Ki Moon », un lieutenant de César Atoute Badiate, lit un bref discours. Dans le speech, César Atoute Badiate fera savoir que son objectif n’était pas de faire mal à ces démineurs, mais de montrer qu’ils ont dépassé la ligne rouge et qu’il fallait les protéger. Il a ensuite exigé du gouvernement sénégalais, la libération de maquisards détenus dans les prisons en Casamance. Il a enfin remercié le gouvernement gambien, la Cedeao, et le Président Barack Obama, à travers l’Ambassadeur américain au Sénégal qui était au devant de la scène de ces négociations pour la libération de ces désormais ex-otages.

Le mouvement humanitaire Bissau Guinéen « Mon kou mon », après 45 km de route entre Kassolole et Sao Domingos, a remis les ex-otages habillés en pagne noire avec des tee-shirts blanc à l’effigie de l’Abbé Diamacoune Senghor (fondateur du Mfdc) entre les mains du préfet Rui Cardozo. Ils passeront la nuit dans cette localité, en attendant la cérémonie officielle de leur libération, aujourd’hui, à Sao Domingos. Cérémonie au cours de laquelle, les ex-otages seront remis aux autorités sénégalaises, au premier rang desquelles le gouverneur de la région Cheikh Tidiane Dieng, avant d’être acheminés sur Ziguinchor ou ils vont rejoindre leurs familles respectives.

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