3 septembre 2014 / Mis à jour à 23:48 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
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Sahel : une ligue religieuse unie contre le fanatisme
Cheikh Boureima Abdou Daouda, élu à la présidence de la Ligue

Décidément, la lutte contre le terrorisme est une mission qui n’échoit pas aux services de sécurité seulement, mais une affaire de tous les acteurs de la société civile.

(De notre correspondant)

La région du Sahel est sur un brasier. Les extrémistes religieux y font adhérer à leurs thèses jihadistes des jeunes par centaines. Pour en élucider le mobile, l’intervention des forces françaises au Mali a ravivé la flamme de haine nourrie à l’égard des occidentaux, qualifiés de croisés, et mêlée à une dose de religiosité aux relents intégristes.

Pour en cerner les contours, des érudits prêcheurs issus des pays de la région ont jugé nécessaire d’unir leurs forces pour apporter leur contribution. C’est ainsi que, la semaine dernière, ils étaient venus du Mali, du Niger, du Burkina Faso et de Mauritanie pour se réunir dans la capitale algérienne, Alger, afin de trouver une solution avec leurs homologues algériens.

Défendre l’image de l’islam

Le fléau de l’extrémisme religieux, ses causes et les moyens nécessaires à déployer pour en venir à bout ont été au menu des débats. Cette rencontre vient à point nommé et dans une conjoncture marquée par une guerre sans merci contre les poches de résistance islamistes dans le nord du Mali. Selon les participants qui revendiquent leur affiliation au rite malékite, « cette pensée destructrice qui s’est répandue dans la région du Sahel et qui a terni l’image de l’islam et des musulmans est à combattre ».

La mise en garde contre le fanatisme religieux que la religion musulmane interdit est toujours de mise dans le Sahel qui est en passe de devenir un lieu d’attraction des extrémistes de tous bords qui y viennent combattre « pour la cause d’Allah ». Une thèse que cette ligue de prêcheurs réfutent en bloque non sans considérer que la religion mahométane est fondée, au contraire, sur la tolérance et le respect d’autrui. Ce qui a conduit le prédicateur Nigérien cheikh Daoud de s’attarder sur les conséquences « néfastes » de ces mouvements extrémistes qui, selon lui, ne peuvent être combattus que par la pensée.

Cheikh Daoud parle en conséquence de cause, lui qui connait bien son sujet et la région dans laquelle il évolue. Au regard de la situation qui y prévaut et les conséquences qui peuvent en découler, le religieux Nigérien préconise une lutte « religieuse » contre ces thèses maléfiques. « Seule la religion peut mettre à nu ces fanatiques. Nous devons défendre les références religieuses de notre région afin de couper la route aux prêcheurs de la violence et de la destruction ».

Avec le lancement de cette entité, en charge de caresser à rebrousse poils et de contrecarrer les thèses jihadistes défendues par les extrémistes radicaux, une nouvelle ère s’ouvre pour les partisans de « la cause d’Allah » invités à changer de cap. L’imam de la mosquée de Niamey, Boureina Daouda qui en est élu président reconnaît la difficulté de la tâche mais maintient son intention de propager la culture de la paix, de la tolérance et le respect de son prochain tel est qu’il est indiqué dans les fondements de la religion musulmane.


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