Ramadan : à vos plats, mangez !


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Chorba algérienne.
Chorba algérienne.

De l’Afrique du Nord à l’Afrique subsaharienne, durant le Ramadan, chaque pays a ses propres habitudes culinaires. Tour d’horizon des différents mets consommés pendant le mois sacré du jeûne.

En Afrique, d’un pays à l’autre, tels un rituel, les plats consommés après la rupture du jeûne sont très différents. En général, la plupart des jeûneurs privilégient les mets liquides et chauds au moment de rompre leur jeûne avant d’attaquer des plats plus copieux et consistants. Il est aussi conseillé de manger progressivement sans oublier de boire beaucoup d’eau et de manger des fruits autant que possible.

Afrique du Nord

Quelques minutes avant le ftour, on se précipite pour finaliser les derniers plats variés et diversifiés au grand bonheur des yeux et des papilles. Au Maghreb, on coupe le jeûne avec le traditionnel rituel : dattes et lait. Au menu, la fameuse chorba ou harira faite à base de viande ou poulet (poisson en Tunisie), légumes et vermicelle ou frik (blé concassé). Les briques ou bourek, au thon, poulet ou viande hachée accompagnent les premières bouchées du ftour. Il ne faut pas oublier la salade verte, variée, ou encore à base de tomate, poivron et piment grillés façon tunisienne. Les tajines salés ou salés/sucrés sont bien évidemment les rois de la table. Tajine aux olives et poulet, tajine aux petit pois, boulettes de kefta, aux pruneaux ou encore aux abricots, le choix est large ! Sans oublier les autres plats tels que la bastila (pastilla) au poisson ou poulet, des fritures (poissons, beignet, croquettes de pommes de terre farcies aux fromages, poivrons, poulet, merguez…etc). Le tout sans oublier les bons pains traditionnels, brioche et les jus fait maison.

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La Chorba algérienne

Toutefois, il existe quelques particularités ; par exemple en Tunisie les pâtes, principalement à la sauce tomate, s’invitent aussi à la table du ftour. En Algérie, on peut même déguster, dans certaines villes, des gratins au chou-fleur ou encore aux pommes de terre. Au Maroc, les lentilles, haricots blancs ou encore pois cassés font partie des indispensables du ftour. En Libye, Mashi Kronb (farce de légumes) est l’un des principaux plats traditionnels ou encore aubergines au bœuf, Taamiya et kouchary en Egypte. Le riz bil Khaloot est une recette traditionnelle libyenne. Il s’agit d’un riz sauté combiné avec du foie d’agneau et garni d’amandes grillées dans l’huile.

Après le ftour, place aux fruits, desserts et pâtisserie (tartes, mahalbiya, chabakkia, baklawa aux amandes, makrout aux dattes, basboussa, cigare ou encore zlabiya et chamiya en Algérie), le tout se déguste avec du thé ou du café. Pour le repas du shour (le dernier repas avant de s’arrêter de manger), au Maghreb, on préfère manger des aliments sucrés qui apportent de l’énergie pendant la journée. Le principal plat est le couscous version sucré, sans sauce, qui se mange avec du sucre en poudre (avec des œufs bouillis en Algérie), le tout accompagné d’un verre, ou deux de lait pasteurisé.

En Afrique subsaharienne aussi, différents mets sont consommés selon les pays

Sénégal : Au pays de la Téranga, au moment de la rupture du jeûne, on consomme des dattes, un rituel que le prophète Mohamed effectuait quotidiennement avant de débuter son repas. Une fois les dattes consommées, on boit du lait chaud avec du café accompagné de pain au beurre. On mange comme au petit déjeuner. Dans certaines familles, il n’est pas rare aussi de manger des omelettes ou encore de la charcuterie, une fois le jeûne rompu. En plat de résistance, on déguste du riz, accompagné de sauce à la viande, au poulet, ou encore au poisson, comme le fameux thiep bou dien (riz au poisson), le yassa (sauce à base d’oignons), mafé (sauce de pâte d’arachide)…

Mali : Au moment de rompre le jeûne, on commence aussi par manger des dattes, puis boire du kenkéliba chaud, ou encore de la bouillie de mil, et manger des beignets. Comme au Sénégal, les plats de résistance au Mali durant le Ramadan sont très salés et épicés et sont à base de riz accompagné généralement de sauce à la viande. Cela peut aussi être du tô.

Guinée : En Guinée comme au Mali, on rompt le jeûne avec de la bouillie de mil chaude avant d’entamer un bon plat salé et épicé. Ce plat est généralement à base de tô, de fonio, de riz, accompagné d’une sauce épicée à la viande, au poisson ou encore poulet.

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Le tô avec de la sauce gombo

Burkina Faso : Dans le pays des hommes intègres, on rompt le jeûne avec de la bouillie de mil généralement. Et plusieurs plats de résistance sont consommés tels que le tô, les bananes plantains frites, de la patate douce, de la patte de maïs, le tout à chaque fois accompagné de sauce à la viande.`

Côte d’Ivoire : Au moment de la rupture du jeûne, les Ivoiriens comme tout les musulmans du monde mangent des dattes et boivent de l’eau ou un produit laitier. C’est après cela que les disparités entre les pays d’Afrique se font ressentir. Les Ivoiriens boivent souvent du moni, qui est une bouillie de mil, puis ils passent aux plats de résistance qui sont des bananes plantains, poisson grillé, de l’atiéké au poisson, du foutu banane, du tô, de la salade ainsi que du poulet au four. Parallèlement à cela, en amuse-bouche, on trouve des beignets de mil, des beignets de haricots, des pastels, ainsi que dégué (dessert à base de yaourt et de couscous de mil.

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La bouillie de mil

Les Comores : Aux Comores, pour la rupture du jeûne, seuls des aliments traditionnels sont consommés. Les Comoriens, après avoir rompu leur jeûne avec des dattes, mangent comme plat de résistance des bananes vertes, des pains comoriens appelés mkatcha foutcha et matcha kouscouma mélangés avec une sauce à base de tomates prénommée mtouzi. Le poulet ainsi que les patates douces sont très prisés durant le mois béni de Ramadan. Les Comoriens aiment aussi manger des samboussa, met proche des traditionnels samossas ainsi que des crêpes sucrées. Tout cela bien sûr accompagné de thé, ou parfois une autre boisson à base de semoule de maïs appelée oubou à tchama.

Mauritanie : Les Mauritaniens rompent leur jeûne avec des dattes ainsi que du lait caillé mélangé avec de l’eau et du sucre (zrik). En plat de résistance, ils consomment principalement de la viande avec des accompagnements comme la pomme de terre. Ils consomment également du sossé qui est un couscous mélangé à du fromage blanc ou du lait. Ce met est comme un dessert pour les Mauritaniens. Tout cela accompagné par le fameux thé qu’on appelle athaya.

Tchad: Les musulmans tchadiens commencent la rupture du jeûne par des dattes conformément aux pratiques du prophète Mohamed. Juste après la prière de Maghreb, les jeûneurs prennent de la chorba faite à base de viande, du poulet ou du poisson, des beignets, du pain, de la bouillie de riz ou de maïs. Ils prennent ces repas avec du thé, du café ou du jus d’oseille communément appelé « bissap ». Par la suite, viennent des plats lourds comme du riz à la sauce tomate, de la boule qui est un plat à base de mil et accompagné de sauce gombo avec ou sans de la viande. A l’heure du souhour, repas avant l’aube, les jeûneurs prennent du lait concentré ou mangent un mets chaud.

Djibouti: Pays situé dans la corne de l’Afrique, Djibouti compte aussi une proportion importante de musulmans. Pendant le Ramadan, les Djiboutiens débutent la rupture du jeûne avec des dattes et de l’eau tiède. Après la prière de Maghreb, ils mangent des fruits, des légumes, des beignets sucrés ou salés et boivent du lait. Par la suite, ils mangent des plats locaux comme du samboussa fait à base de viande hachée, de riz à la sauce tomate accompagnée de viande ou de poisson. Compte tenu de la chaleur qui prévaut dans le pays, les Djiboutiens consomment, après la rupture, des gâteaux et des plats frais.

Cameroun : Les musulmans camerounais rompent le jeûne avec des dattes et du lait tiède. Après avoir prié le Maghreb, ils consomment de la bouillie de riz, des beignets et de la soupe. Puis ils mangent des plats de résistance comme du couscous et du riz à la sauce tomate avec ou sans gombo. Ils prennent du thé ou du café tout au long de la nuit.

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Les bananes plantains

RDC : En République démocratique du Congo (RDC), le mois de Ramadan est une occasion de consommer beaucoup de bananes plantains du fait de leur prix très abordable pour les bourses les plus modestes. Les jeûneurs n’hésitent pas à manger également beaucoup de viande et légumes.

La règle générale est que durant le mois de Ramadan, les jeûneurs font leur possible pour récupérer l’énergie perdue pendant une journée de privation de nourriture et voient comment emmagasiner le maximum d’énergie pour faire face à une nouvelle journée de diète.

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