Nigeria : vers une solution négociée avec Boko Haram ?


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Le porte-parole du gouvernement nigérian a annoncé lundi qu’une faction de Boko Haram avait été mandatée par l’organisation pour négocier avec le gouvernement. Le président Muhammadu Buhari s’était déclaré ouvert à des discussions avec l’organisation armée.

« Une fraction du groupe Boko Haram est venu nous voir en affirmant avoir été mandaté pour négocier avec le gouvernement », a déclaré le porte parole du président, Garba Shehu ce lundi. L’exécutif s’était déclaré ouvert aux discussions avec la secte islamiste.

Boko Haram a tué près de 600 personnes au Nigeria, depuis l’arrivée au pouvoir du président Muhammadu Buhari. Le chef d’Etat nigérian, en visite aux Etats-Unis le 20 juillet dernier, avait indiqué être « très déçu » du refus américain de livrer des armes au Nigeria qui ne fait que « profiter à Boko Haram ». La stratégie de ce pays contre la secte islamiste est peut-être en train d’évoluer.

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Vérifier l’authenticité du groupe

Garba Shelu a précisé que des vérifications étaient en cours pour déterminer si ce groupe était authentique et si leurs affirmations étaient vraies. « Ils ont été clair sur le fait qu’ils représentaient une faction de Boko Haram qui veut la paix », a-t-il poursuivi. Des négociations avaient déjà été menées entre le Nigeria lorsque l’ancien président Goodluck Jonathan était au pouvoir et la secte islamiste, sous la médiation du Tchad. A l’époque, en octobre 2014, il s’agissait d’obtenir la libération des plus de 200 lycéennes de Chibok. Le retentissement médiatique de leur enlèvement n’avait eu d’égal que l’impuissance nigériane à les libérer. L’ex-chef d’Etat s’était entretenu avec l’ancien gouverneur de l’Etat de Borno, le sénateur Ali Modu Sheriff, réputé comme proche de Boko Haram et le président tchadien Idriss Déby, à N’Djamena.

Des otages camerounais et chinois avaient été libérés par le groupe rebelle au cours de la transaction qui n’avait finalement pas abouti. Le cessez-le-feu signé avait été violé par les protagonistes. L’approche de la présidentielle du mois de mars et le changement de pouvoir qui s’annonçait avait achevé de faire avorter le processus.

Le Nigeria tente de muscler son jeu

Si elle est réellement étudiée, le dialogue n’est pas la solution encore à l’ordre du jour pour le président nigérian qui tente de durcir le jeu face à Boko Haram en augmentant la réponse militaire aux attaques du groupe rebelle. C’est pour cette raison que Muhammadu Buhari est attendu mercredi au Cameroun où il rencontrera son homologue Paul Biya.

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Alors que 2 000 soldats camerounais supplémentaires vont être envoyés dans l’extrême-nord après les attentats en série qui ont frappé la région, le déploiement de la Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF), annoncé effectif avant la fin du mois, devrait être au cœur des discussions.
Le déploiement de cette force de près de 8 700 militaires, policiers et civils, avec un centre opérationnel à N’Djamena, avaient été initialement prévu en nombre dernier. Le Nigeria, le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Bénin sont les pays qui contribuent le plus dans la lutte contre Boko Haram. L’objectif du chef d’Etat nigérian est de construire une alliance régionale forte contre Boko Haram, selon son porte-parole.

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