Niger : Mahamadou Issoufou compose un gouvernement d’union nationale


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Le gouvernement nigérien a fait l’objet d’un remaniement d’union nationale, puisqu’il a été élargi à certaines figures de l’opposition telles que Wassalké Boukary, Alma Oumarou et Albadé Abouba. Cette décision du Président Issoufou vise à garantir la stabilité et la sécurité du pays.

Une première dans l’histoire du Niger. Un gouvernement d’union nationale de « large ouverture » a été formé mardi, selon un décret présidentiel lu à la télévision nationale. « Il s’agit d’un gouvernement de large ouverture qui fait appel à des femmes et hommes de grandes qualités et de toutes les sensibilités », a commenté Gandou Zakara, le Secrétaire général du gouvernement, qui a lu le décret présidentiel à la télévision.

La nouvelle formation compte désormais 36 ministres, dont 5 femmes, et a été élargie à des ténors de l’opposition. Ainsi, la Convention démocratique et sociale (CDS-Rahama) de Mhamane Ousmane et le Mouvement national pour la société de développement (MNSD) ont fait leur entrée au gouvernement. Alma Oumarou occupe le poste de ministre du Commerce et Waasalké Boukari est le ministre chargé de l’Hydraulique. Albadé Abouba est le nouveau ministre d’Etat à la Présidence. D’ailleurs, ils sont désormais 5 contre 3 auparavant à occuper un poste de ministre d’Etat. L’ancien directeur de Cabinet du président de la République, Massaoudou Hassoumi, prend la tête de l’Intérieur. Tandis que les ministres Habi Mahamadou Salissou et Mamane Sali Malam se partagent l’Urbanisme et l’Aménagement du territoire.

Certains postes clés n’ont pas changé de titulaire. La Défense, les Finances, l’Energie et le Pétrole, l’Education et les Mines restent pilotés par des proches du Président. Quant à d’autres ils ont été remerciés.

La peur du terrorisme

En élargissant son gouvernement, le Président Mahamadou Issoufou entend préserver l’union nationale dans un contexte d’insécurité régionale. Les attaques terroristes se sont multipliés ces derniers temps au Niger. Le dirigeant nigérien a insisté sur la nécessité de préserver la « stabilité politique » et la sécurité du Niger. Il a fait allusion à la « situation sécuritaire dans le Sahel ». « L’une des raisons fondamentales qui militent en faveur d’un gouvernement d’union est la situation sécuritaire qui prévaut dans la zone sahélo-saharienne. Notre pays, situé au centre de cette zone, est particulièrement exposé et vulnérable », a-t-il souligné.

Le Niger a été touché le 23 mai dernier par un double attentat terroriste contre un camp militaire à Agadez, dans le nord, et le site d’uranium d’Areva, qui a causé la mort d’une vingtaine de personnes, d’après le ministère de la Défense.

La Présidence nigérienne entend donc créer une « unité nationale » pour lutter contre le terrorisme. Quelques caciques de l’opposition avec à leur tête Seyni Oumarou, le président du parti MNSD-Nassara, lâché par son principal allié de la CDS, résistent encore. Ils manquent à l’appel dans ce nouveau gouvernement.

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