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France - Mali - Conflit - Coopération - Guerre - Terrorisme
Mali : « L’armée française ne peut reconquérir le Nord et assurer son contrôle durable »

Les armées française et malienne ont achevé la première phase de l’intervention militaire au Mali, en reprenant les villes de Konna, Douentza et Diabaly. L’heure de la reconquête du Nord-Mali a sonné. Lundi, l’aviation française a visé un centre de commandement d’Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) à Tombouctou. Alors que les troupes africaines se préparent déjà pour la bataille de Gao, le siège stratégique du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). L’objectif est de mettre la main sur les trois régions administratives du Nord-Mali, en comptant Kidal.

La reconquête du Nord. Les armées française et malienne ont empêché les jihadistes de redescendre au Sud du Mali, en reprenant les villes de Konna, Douentza et Diabaly. La reconquête du Nord-Mali a d’ores et déjà débuté. Lundi, l’aviation française a visé un commandement d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

« Lundi, le porte-parole de l’armée française s’était borné à confirmer des frappes aériennes françaises "à la périphérie" de Tombouctou. Tombouctou, à 900 kilomètres au nord-est de Bamako, est une ville-phare de la culture musulmane en Afrique, classée au patrimoine mondial de l’humanité », rapporte LePoint.fr. Et de préciser : « "Un centre de commandement des terroristes" près de Tombouctou, selon des sources concordantes françaises ». « Le palais de Kadhafi a été bombardé par les Français. C’était le quartier général des islamistes. Leurs provisions en carburant et en armes ont été détruites. L’endroit a même pris feu », signale Mohamed Ould Lemine, un élu de la région.

« L’enjeu pour l’armée française est de reconquérir les trois grandes villes du Nord-Mali, Tombouctou, Gao et Kidal. Mais, il faudra faire attention pendant les bombardements pour ne pas détruire ce lieu symbolique et saint pour les Maliens, qui représente une référence religieuse importante », déclare à Afrik.com Philippe Hugon, spécialiste du Mali à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris).

Gao dans le viseur

Gao est tout aussi stratégique que Tombouctou. Il s’agit du quartier général (QG) du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Les armées française et malienne se préparent à attaquer cette ville. Elles n’attendent plus que l’appui des forces africaines.

« La colonne tchadienne a quitté (mardi matin) la capitale du Niger, Niamey, par la route en direction de Ouallam, à une centaine de km de la frontière où un bataillon de l’armée nigérienne est déjà cantonné », rapporte Ouest-France. Et d’ajouter : « Ce contingent nigérien, qui a achevé en décembre sa formation, devrait faire mouvement, en compagnie des soldats tchadiens, vers Gao, ville malienne aux mains des djihadistes ».

Si les armées française, malienne et africaines devraient reconquérir le Nord-Mali. Plusieurs questions restent en suspens : « Après la reconquête, qui va contrôler ces villes quand les jihadistes n’y seront plus ? Les troupes françaises pourraient rester le long de la frontière et ne pas s’y introduire au sol. Certaines sources disent que les Tchadiens sont prêts à entrer à Gao », souligne Philippe Hugon. « L’armée française ne peut pas avec 2500 hommes reconquérir le Nord et assurer un contrôle durable des trois villes (Tombouctou, Gao et Kidal). Il faudrait que l’armée malienne et les forces africaines assurent le relais », indique à Afrik.com le spécialiste du Mali.

Au total, 2000 militaires tchadiens doivent s’engager dans l’intervention militaire au Nord-Mali. Selon l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire à l’ONU, 6000 soldats africains devraient se déployer au Mali au lieu des 3300 initialement prévus.


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