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Mali : l’Afrique de l’Ouest plébiscite la France et critique la Cedeao

Les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) se réunissent ce samedi à Abidjan, la capitale de la Côte d’Ivoire, pour décider des mesures à prendre au sujet de l’intervention militaire au Nord-Mali. Alors que les forces de l’organisation ouest-africaine ont commencé, jeudi, à se déployer au Mali pour épauler l’armée française engagée dans le conflit au Nord-Mali depuis une semaine maintenant. En l’occurrence, une centaine de militaires togolais et 80 soldats nigérians. Afrik.com a tenu à sonder l’opinion des Africains de l’Ouest du continent. Ils approuvent unanimement la guerre, plébiscitent la France et critiquent la Cedeao. Réactions.

« Le Mali et l’Afrique entière attendaient ça depuis longtemps. » Cela fait maintenant une semaine que la France s’est engagée dans une intervention militaire au Nord-Mali, pour y déloger les islamistes qui le contrôlent depuis le mois de mars 2012. Aussi bien au Mali que dans les autres pays de l’Afrique de l’Ouest, la population plébiscite l’engagement de l’armée française et la félicite de son intervention rapide. En revanche, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) en prend pour son grade.

La France plébiscitée

Que pensez-vous de l’intervention militaire de la France ? « Elle est la bienvenue. J’approuve l’implication de la France et des pays de la sous-région. Si ça ne tenait qu’à l’armée malienne, la situation allait être pire. Elle (l’armée malienne) n’était pas assez préparée. Les hommes n’étaient pas prêts. La situation allait s’aggraver et les islamistes sont plus préparés que nous (les Maliens) », déclare à Afrik.com Samba, assistant de direction à Bamako.

Même son de cloche du côté de Aboubakar Diallo. En tant que citoyen sénégalais, est-ce que vous approuvez l’engagement du Sénégal, qui a envoyé 500 commandos parachutistes, aux côtés des troupes françaises et maliennes qui combattent les islamistes du Nord-Mali ? « C’est une bonne chose. Mais, elle est tardive. Avant l’engagement de la France, le Sénégal, pays limitrophe du Mali, devait déjà être sur place car la menace qui pèse sur le Mali peut aussi menacer le Sénégal », nous confie-t-il. Et d’ajouter : « Il faut souligner le mérite de l’armée française. La France a réagi d’abord pour le Mali, le Sénégal et pour l’Afrique entière. Si les troupes sénégalaises se sont engagées au Nord-Mali c’est grâce à l’intervention française ».

Les Guinéens aussi se sentent concernés par le conflit au Mali. C’est notamment le cas de Aminata Diallo. « Je suis favorable à l’opération militaire française au vu de la situation politique au Mali et dans les pays voisins. Il était préférable d’avoir une force pour rétablir la paix au Mali en bloquant les islamistes, afin d’éviter un effet de contagion dans les pays limitrophes », affirme cette chargée de communication.

Toute l’Afrique de l’Ouest se range ainsi dans le camp de la France. Un constat encore plus vrai pour la Côte d’Ivoire, pays limitrophe du pays du président Dioncounda Traoré. « Le Mali et l’Afrique entière attendaient ça depuis longtemps. L’armée malienne ne pouvait pas combattre les jihadistes qui sont mieux armés. Qui ont détruit des monuments (mausolées) classés patrimoine en péril par l’Unesco. Ce qui a poussé l’ONU et la France d’agir pour empêcher les islamistes de s’en prendre à la population et d’appliquer la charia. C’est une bonne chose », fait savoir Anzoumana.

La Cedeao critiquée

les forces de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont commencé, jeudi, à se déployer au Mali pour épauler l’armée française engagée dans le conflit au Nord-Mali depuis une semaine maintenant. En l’occurrence, une centaine de militaires togolais et 80 soldats nigérians.

Du Mali à la Côte d’Ivoire, en passant par le Sénégal et même à Madagascar, la Cedeao est la cible de toutes les critiques. Les Africains lui reprochent sa réponse tardive. « La réaction de la Cédeao est bonne. Le Mali fait partie de cette organisation ouest-africaine, c’est normal qu’ils (les pays membres) nous aident et apportent leur soutien. Mais, ils ont été un peu lents en commençant par les négociations avant d’intervenir. Du coup, ils ont été surpris par les terroristes », dénote Samba, cet assistant de direction résidant à Bamako. Et de relever : « Les gens (dans la capitale malienne) ne sont pas très tranquille. on suit à la minute voire à la seconde l’actualité. On n’a pas trop l’esprit tranquille, chacun s’imagine les deux extrémités : le pire c’est que la France et le Mali ne parviennent pas à venir à bout des islamistes. Et la meilleure option c’est bien sûr que la coalition gagne la guerre et délivre le Mali ».

La Cedeao ne remporte pas non plus les suffrages de Aminata Diallo. « Non, la Cedeao n’a pas bien réagi. Ils (les pays membres) ont mis du temps comme d’habitude. Ils attendaient la réaction des Occidentaux et se sont décidés à la dernière minute. Je déplore cette lenteur de la communauté ouest-africaine », s’offusque la Guinéenne.

Anzoumana ne porte pas non plus la Cedeao dans son cœur. Cet Ivoirien préfère, pour sa part, mettre en garde l’organisation de la sous-région. « Ils n’ont pas le choix. S’ils ne réagissent pas, aujourd’hui c’est la Mali qui est occupé, demain ça va être la Côte d’Ivoire et ensuite le Nigeria ».

La Guerre au Mali préoccupe tous les Africains, pas seulement ceux de l’Afrique de l’Ouest. Même à Madagascar, on soutient l’intervention militaire de la France et des forces africaines au Nord-Mali. Un Malgache joint par Afrik.com partage l’angoisse de tout un continent. « Il ne faut plus de terrorisme dans le Sahel. Si on ne fait pas attention, ils (les islamistes) pourraient entrer au Niger. C’est le moment d’agir. C’est quand même bien cette action menée par la France même si ça nous coûte un peu cher avec la prise en otages en Algérie qui s’est soldée en quelques dizaines de morts », regrette ce passionné de la politique. Et de critiquer la Cedeao : « Quand on est Africains, on tarde toujours à réagir. Nous, les Africains, nous sommes complètement désorganisés sur le plan politique et militaire. Cette désorganisation a été lourdement exploitée par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) ». « Je déplore que côté européen, il n’y a que la France qui est engagée. J’aurais souhaité voir des forces autres qu’africaines, les Britanniques par exemple », ajoute cet habitant d’Antananarivo, la capitale malgache.

Un appel relayé par Alassane Ouattara. Lors de son voyage à Berlin, la capitale de l’Allemagne, le président ivoirien a enjoint « tous les pays européens » de soutenir l’intervention militaire de l’armée française au Nord-Mali. Jusqu’à présent, seule la Grande-Bretagne a fourni deux avions de transport à la France et l’Union européenne a envoyé une équipe de 400 hommes chargés de former l’armée malienne. Si les pays européens peinent à s’engager dans le conflit au Nord-Mali, les Etats-Unis sont officiellement entrés dans la bataille jeudi avec l’envoi de 600 hommes de l’US Air Force. Des renforts qui ne peuvent que rassurer davantage ces Africains de l’Ouest qui ont hâte que le Mali soit libéré de la mainmise islamiste pour enfin dormir tranquille.


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