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Mali : « Du point de vue militaire, Kidal est tombée »

Kidal a été reprise mercredi par les armées française et malienne. Alors que le président malien de la transition, Dioncounda Traoré exclut toute négociation avec Ansar Dine et le Mouvement Islamique de l’Azawad (MIA). Il considère ce dernier comme membre d’Ansar Dine qui porte un « masque » pour « échapper à ses responsabilités ». Trois questions à Michel Galy, spécialiste du Mali, qui explique à Afrik.com les stratégies des uns et des autres. Interview.

*Michel Galy

Afrik.com : Pourquoi le président Dioncounda Traoré refuse de négocier avec Ansar Dine et le Mouvement Islamique de l’Azawad ?
Michel Galy :
Par l’intermédiaire de Blaise Compaoré, le président du Burkina Faso, le Mali a été roulé dans la farine par Ansar Dine par son chef qui a convaincu tous les groupes armés islamistes de s’unir et de foncer sur Bamako. Donc, le président Dioncouda Traoré n’a pas du tout envie d’être une nouvelle fois le dupe des pseudo-négociations. C’est en tout cas la version officielle. Même si officieusement, le Mali et la France essayent de négocier avec des islamistes modérés et d’en diviser d’autres pour mieux régner.

Afrik.com : En appelant aux négociations, quelle est la nouvelle stratégie des islamistes ?
Michel Galy :
Ils essayent de temporiser devant la puissance des armées occidentales qui renforcent considérablement l’armée malienne. Ils veulent ainsi arrêter le front, pour mieux se préparer afin de retourner au combat.

Afrik.com : Qu’est-ce qui explique que la France a du mal à sécuriser Kidal ?
Michel Galy :
Du point de vue militaire, Kidal est tombée. Le problème c’est que les Touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) sont dominats dans cette ville. Et, ils refusent que les armées française, malienne et tchadiennes s’installent dans cette région administrative du Nord-Mali. Alors que le président français, François Hollande, pousse Dioncounda Traoré à négocier avec eux.


*Michel Galy : Politologue, professeur à l’Institut des relations internationales (Ileri, Paris), chercheur au centre d’études sur les conflits (revue « Cultures et conflits »)



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