Les survivants de l’attaque d’Amedy Coulibaly à Montrouge se confient


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Des survivants de la fusillade de Montrouge commise par Amedy Coulibaly, le 8 janvier dernier, ont relaté, ce vendredi, le drame avant d’être décorés pour leur courage.

Neuf mois après les attentats terroristes en France, des survivants de la fusillade à Montrouge, en banlieue parisienne, qui a coûté la vie à une policière, livrent leur version des faits. Ils ont en outre reçu, ce vendredi, une distinction pour leur courage.

Deux agents de voirie et un policier municipal ont reçu du préfet des Hauts-de-Seine, la médaille d’or de la sécurité intérieure, pour leur acte de bravoure, ors du drame du 8 janvier dernier. Ce jour-là, Clarissa Jean-Philippe, policière municipale tombe sous les balles du terroriste Amedy Coulibaly. Trois hommes présents sur les lieux assistent à la scène, et tentent d’intervenir.

Un récit poignant

« Coulibaly a retourné sa Kalachnikov sur nous. Le seul moyen de survivre, c’était de lui sauter dessus comme une sangsue », confie au Parisien Laurent, agent de voirie. Ce jour-là, lui et l’un de ses collègues sont appelés pour un banal accident de la circulation, « comme c’est le cas à chaque fois », relate-t-il. Sur place, Clarissa Jean-Philippe, une policière municipale, intervient également.

Quelques secondes plus tard, c’était le drame. L’un des deux policiers se prend une balle qui traverse son visage en entrant au-dessus de la lèvre supérieure avant de ressortir sous l’oreille droite. Deux précédentes balles atteignent mortellement Clarissa Jean-Philippe. « J’ai croisé un taré le 8 janvier. Coulibaly, c’est un taré. C’est clair qu’il était shooté. Ces mecs-là, ils prennent des trucs avant de passer à l’acte. C’est pas du courage », se révolte l’agent touché.

La véritable cible: une école juive?

L’un des policiers, lui aussi présent sur les lieux au moment des faits, reste persuadé que s’il n’avait pas réagi, « il s’en serait pris à l’école juive, juste à côté du lieu du drame ». Le lendemain, Amedy Coulibaly prenait en otages les clients d’un supermarché cacher et tuait quatre personnes de confession juive avant d’être abattu par la police.

Aujourd’hui, ces héros oubliés se portent bien même si ils ont le sentiment d’avoir « été zappés par les autorités ». « Aucun soutien, rien, même pas une poignée de main », déplore l’un d’entre eux. La médaille remise ce jour permettra sans doute d’atténuer ce sentiment d’abandon.

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