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France - Association - Solidarité - Femmes
Les femmes africaines de la diaspora reines de l’entrepreneuriat !
Les responsables de l’OFAD à l’initiative du Forum économique et entreprenarial des femmes africaines de la diaspora (crédit photo. Deborah Mokabatio)

La 2ème édition du Forum économique et entreprenarial des femmes africaines de la diaspora, qui s’est ouvert mardi, à Paris, s’est terminé ce mercredi en beauté avec des intervenants aux conférences toujours aussi pertinents et une remise de plusieurs prix pour couronner et encourager toutes celles qui œuvrent au quotidien pour le développement du continent africain. Reportage.

A Paris,

Des éclats de rires par-ci. Des conversations enjouées par-là autour d’un verre durant les pauses entre les différentes conférences. Dès l’entrée, on est emporté par l’ambiance chaleureuse du Forum. Coquettes jusqu’au bout de leurs ongles, certaines participantes arborent même fièrement leurs vêtements traditionnels très colorés en basin ou wax. Il faut dire qu’elles sont venues de partout : Suisse, Belgique, Côte d’Ivoire, Cameroun... pour participer à la 2ème édition du Forum économique et entrepreneurial des femmes africaines de la diaspora, qui a ouvert ses portes lundi, à Paris, à l’ENA. Initié par l’Organisation des Femmes Africaines de la Diaspora (OFAD), en partenariat du le Club Africaines Entrepreneures d’Europe, il a rassemblé plus de 400 participants et plusieurs dizaines d’intervenants.

Le Forum, dont l’entrée est gratuite, avec un buffet et des boissons à la disposition du public, a pour but de promouvoir l’entrepreneuriat et les initiatives menées par les femmes africaines de la diaspora. C’est aussi un moyen de permettre aux femmes, qui sont déjà chef d’entreprise ou qui ont une structure en développement, de prendre la parole devant les autres participantes pour parler de leur expérience, expliquer ce qu’elles font et promouvoir les services que proposent leur entreprise. « Le but de ce Forum est de mettre la femme africaine en valeur, ici c’est un marché, un miroir, une vitrine pour toutes les femmes qui entreprennent, un moyen aussi d’attirer vers elles les investisseurs qui sont prêts à les accompagner dans leur projet », explique l’élégante Corine Marteau, vêtue d’un tailleur vert, coquette, coordinatrice de l’Organisation des femmes africaines de la diaspora (OFAD). « Nous sommes un pont entre l’Europe et l’Afrique. On accompagne, conseille et rassure toutes celles qui ont des projets d’entrepreneuriat. On fédère toutes ces femmes », souligne-t-elle de sa voix posée.

« Si les Africains décidaient de consommer africain l’Afrique serait la première puissance au monde ! »

Le Forum aborde aussi de nombreuses problématiques que vivent les femmes de la diaspora mais aussi du continent. Entre autres un débat a été ouvert sur ces questions : La charte de l’égalité professionnelle Femmes/Hommes signée par les grands groupes européens a-t-elle son impact dans leurs filiales en Afrique ? Les entreprises européennes contribuent-elles à l’évolution professionnelle des femmes en Afrique ?

Depuis l’ouverture du Forum, les intervenantes, au parcours parfois très atypique, se succèdent en effet, livrant chacune son expérience. C’est le cas de Fatou Sidibé, venue présenter son entreprise en développement intitulé E-Market, pour permettre à la diaspora de transférer plus facilement à leurs proches des denrées ou produits de nécessité. Elle incite ainsi les Africains à consommer africain plutôt que de toujours se tourner vers les autres. « Si les Africains décidaient de consommer des produits africains et de travailler ensemble l’Afrique serait la première puissance économique du monde ! », assène Fatou Sidibé lors de son intervention très applaudie par la salle. Son témoignage émeut la salle, puisqu’à la fin de son intervention, une participante, vêtue d’une robe rouge vif, se lève et prend la parole : « J’ai découvert ce Forum via Facebook. Je ne regrette absolument pas d’être venue. Il est très enrichissant je me suis même déjà inscrite d’ailleurs à l’organisation pour devenir membre permanente. Car c’est important que les Africains apprennent à se serrer les coudes et aillent tous dans le même sens ».

Marguerite Djouzo, 64 ans, mère de quatre enfants, à l’humeur très mordant, suscitant régulièrement les rires dans la salle, fait aussi sensation, en parlant de son association pour la promotion et le développement de la femme et de l’enfant, qu’elle gère avec peu de moyens depuis Yaoundé.

C’est avec la remise des prix pour encourager celles qui entreprennent et travaillent dur pour mettre en valeur la femme africaine et contribuer au développement de l’Afrique que s’achève cette 2ème édition. Dans son discours de clôture, les mots de la présidente de l’AFOD, Suzanne Bellnoun, arborant fièrement ses vêtements traditionnels en wax, ne semble laisser personne indifférent : « Lorsque des femmes européennes se rencontrent, elles se demandent comment elles peuvent travailler ensemble. En revanche lorsqu’une femme européenne rencontre une femme africaine elle lui dit : "Je vais voir comment je pourrai t’aider. Non ! Ça suffit ! Les femmes africaines ne veulent pas être aidées mais entreprendre et travailler en partenariat ».



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