13 mai 2018 / Mis à jour à 17:13 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux
Colombie
Les centres de documentation Afro : l’expérience des Usa inspire les Afrocolombiens
La Direction de l’Ethnoculture et du Développement Régional du Ministère de la Culture et l’Université Technologique du Chocó ont présenté le Centre National des Études et de Documentation des Cultures Afrocolombiennes à Quibdó.

“C’est un centre qui permettra de récupérer, de consigner et de diffuser les expressions culturelles de la population afrocolombienne, et deviendra une source permanente de consultation pour la réalisation et la recherche des processus de formation et de manifestations des expressions afrocolombiennes. Il sera au service des universités et des centres de recherches, des institutions gouvernementales et de la communauté en général”, a indiqué la direction de l’Ethnoculture.

Dans le cadre du lancement du Centre a eu lieu une causerie à la Bibliothèque Nationale le 24 septembre, au cours de laquelle le professeur Howard Dodson, Directeur du Centre Schomburg des États -Unis, a souligné l’importance de l’établissement de centres de documentation afro.

Le professeur Howard Dodson, Directeur du Centre pour la recherche sur la culture noire est spécialiste en histoire afroaméricaine, éducateur et consultant diplômé de West Chester State College. Il a été professeur dans diverses universités des États-Unis et sous sa direction, le centre Schomburg a développé une bibliothèque publique spécialisée en histoire afroaméricaine et un travail de soutien à la direction d’Ethnoculture et à l’Université Technologique de Chocó, pour le développement du Centre National d’Études et de Documentation des Cultures Afrocolombiennes.

Lors de son intervention, Howard Dodson a souligné divers aspects importants de l’histoire des afrodescendants au monde et principalement aux États-Unis. Il a évoqué l’esclavage et les différentes époques vécues par les noirs dans ce pays, mais le point principal de son intervention fut au sujet du développement de la documentation historique des Afro étatsuniens.

"Lorsque les noirs ont cessé d’être esclaves, la théorie selon laquelle ils n’avaient pas d’histoire ni de racines a été émise, et partant de cette prémisse, des recherches historiques sur les Afrodescendants aux États-Unis ont été lancées, car certains membres de la population noire n’acceptaient pas ladite théorie.

Une recherche ardue sur l’histoire noire aux USA a donc été initiée, ce qui a conduit en 1926 à la production de dix mille documents sur leur histoire dans le monde entier, histoire que la Bibliothèque Publique de New York a acheté la même année ".

A partir des processus et de recherches similaires, en fin 1960, plus de 120 musées de l’histoire afro aux États-Unis furent créés ; tout cela comme préambule à la compilation historique et culturelle des afrodescendants.

Dans le cadre de l’émergence des centres, des sites et des personnes spécialisées en histoire afroaméricaine ont générés des initiatives similaires à plusieurs endroits dans le monde ; l’ UNESCO a lancé en 1994 une initiative relative aux populations ayant été soumises à l’esclavage, pour rompre le silence face à l’esclavage et en Amérique Latine, il y a eu l’avènement d’organisations de populations Afrolatinoaméricaines.

Tout ce qui précède a permis de suggérer que ces centres aident à contester ce qui se dit sur la population noire et aident à défendre les noirs contre les attaques de ceux qui ne connaissent pas ou ne sont pas bien informées sur leur histoire.

De même , il a été indiqué qu’aux États Unis les centres de documentation ont fourni les ressources permettant d’évaluer les comportements racistes de toutes parts, ils ont aidé à repenser les contenus des anciens programmes scolaires influencés par le racisme, et ont permis aux populations noires de se réaffirmer et de prendre leur place au sein de la société.

Le professeur Howard Dodson a indiqué que la création de ce centre est le début d’un processus, puisque un seul centre n’est pas suffisant pour l’appropriation et la diffusion de l’histoire Afrocolombienne.

Ainsi, la conférence a suscité une grande expectative et a servi de préambule au lancement du Centre National d’Études et de Documentation des cultures Afrocolombiennes à Quibdó. Elle a laissé poindre les inquiétudes que son développement a généré dans certaines communautés noires.

Le professeur Dodson a également évoqué la restructuration du curriculum . Dans cet ordre d’idées, Actualidad Étnica a voulu savoir comment s’est effectué la réorganisation de ces programmes scolaires dans l’éducation étatsunienne, et le professeur a répondu qu’elle n’ pas été aussi réussie que l’on l’aurait souhaité, mais qu’alors qu’en 1980 on ne voyait aucun texte dans les livres autour de la diversité des afrodescendants, aujourd’hui, il y en a qui commencent à évoquer l’histoire des afrodescendants dans le monde.

Il y a cinq ou six ans a débuté une grande initiative dans l’État du New Jersey pour promouvoir l’histoire afro étatsunienne comme un cours formel , et un curriculum a été écrit pour cela. De même, la ville de Philadelphie a exigé que tous les étudiants prennent deux années d’histoire afrodescendante pour pouvoir obtenir leur graduer , mais la gestion est difficile, car les états ont des gouvernements autonomes et il faudrait aller dans les cinquante états pour que ces études soient promues.

Cette question a engendré une série d’opinions au sujet de la chaire d’études afrocolombiennes. La résistance à édicter cette dernière a été abordée, ce à quoi le professeur a répondu que la base de ces études fait partie des centres spécialisés en études afrocolombiennes, et que c’est de là que part la reconnaissance des dites chaires.

Enfin, il a été expliqué que le Centre National d’Études et de Documentation des Cultures Afrocolombiennes doit prendre en compte les organisations Afrocolombiennes pour le développement de sa tâche visant à la reconnaissance de l’histoire des négritudes, et la lutte pour la poursuite du rétablissement de la contribution historique de l’Afrique à l’humanité.


Traduit de l’Espagnol Par Guy everard Mbarga



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