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Honduras - Musique - Vidéos
Honduras : Aurelio Martinez, artiste garifuna et député

Le musicien Garifuna Aurelio Martinez suit les traces des légendaires Parranderos de la Côte Caribéenne de l’Amérique Centrale. Acclamé à la fois pour la préservation et la modernisation de cette tradition musicale, la virtuosité d’Aurelio est palpable dans sa voix pénétrante et distinctive et son talent de compositeur.

Aurelio Martinez est né 1976 dans une famille à la longue et notable tradition musicale dans la petite communauté Garifuna de Plaplaya au Honduras. Le musicien raconte lui-même son enfance dans une interview accordée en 2006. Dans son village natal, il n y a toujours pas d’électricité. Quand il était enfant, il n’avait pas de jouet électronique. Son tout premier était une… guitare qu’il a lui-même fabriquée avec du bois d’une gaule (Cane à pêche). Son grand-père était musicien, tout comme ses oncles. Tous jouaient tous dans un groupe acoustique du village. Sa mère chante, son père joue à la guitare, le genre paranda. Les membres de sa famille ont ainsi été ses premiers professeurs de musique.

À huit ans, Aurelio jouait les percussions dans la communauté. Il engrangea dans sa communauté un vaste répertoire, qui permettra plus tard de développer son jeu et son propre style.

Il quitte Paplaya à quatorze ans pour La Ceiba pour effectuer ses études secondaires. Un an plus tard il fait déjà partie d’un orchestre professionnel. Il prend même des cours de musique privé pour développer sa compréhension musicale.

Plus tard, devenu membre de la première heure du Garifuna All Star Band qui interprétait les rythmes traditionnels joyeux de la communauté comme la punta, la parranda et boom and chime, Aurelio a exporté sa musique, sur les scènes en France, au Japon, Etats-Unis au Mexique et dans les pays voisins d’Amérique Centrale.

Artsite devenu député en 2005

L’artiste Aurelio Martínez est l’un des premiers garifunas à être devenu député en République du Honduras depuis les années 30. Il représente le département de Atlántida.

Pour la première fois depuis les années 30, la communauté garifuna a des représentants parmi les 128 députés de la République. Il a été élu lors des élections nationales du 27 novembre 2005, à l’occasion desquelles les honduriens ont choisi 4 députés afrodescendants dont 3 garífunas parmi lesquels le musicien Aurelio Martínez.

Avec sa charge publique, Martínez fait partie du courant de musiciens intéressés à produire des répercussions sociales en occupant des postes officiels comme l’a fait à l’époque le trompettiste et activiste anti Apartheid Hugh Masekela en Afrique du Sud, et l’actuel Ministre de la Culture du Brésil, Gilberto Gil.

Martínez ne s’était jamais intéressé à la politique auparavant. D’ailleurs, lorsque le maire de La Ceiba, Gonzalo Rivera, le sollicita pour donner à sa campagne de réélection quatre ans auparavant, un plus grand accent sur la diversité du pays, il n’y accorda pas d’importance. : “Je n’acceptais pas le fait de m’unir. C’est mon ami Víctor Arzú, mon ingénieur de son qui leur a dit que j’allais participer. Il a répondu pour moi”, indique Martínez.

Il n y a rien d’étrange qu’un musicien se convertisse en figure politique des garífunas, puisque la musique est une partie fondamentale et quotidienne de leur culture. Martínez indiquait d’ailleurs- “Nous les garífunas nous vivons plus de la musique que de nourriture”.

Pour Aurelio Martínez, son élection est la preuve de la nouvelle conscience des honduriens quant à la diversité culturelle du pays. Il ajoute qu’il ressent le devoir d’offrir tout le soutien possible aux afrodescendants du Honduras, et insiste sur la nécessité de développer une “conscience multiethnique”.


Extraits de sa réaction suite à son élection : “En tant que musicien, c’est un honneur, un véritable honneur. Le pays reconnaît la valeur du travail artistique car je ne suis pas là pour mon expérience politique. La politique n’est pas mon point fort, c’est plutôt la projection des réalités sociales par la musique. Du point de vue politique, c’est de montrer aux enfants de ma communauté que c’est possible, que des jeunes Garifunas ressentent que tout est possible, dans n’importe quel pays, que nous pouvons participer politiquement. Cela contribue également à l’auto estime de notre peuple, de notre race”.



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