France, Libye : sale temps pour Nicolas Sarkozy


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L’ancien Président français, Nicolas Sarkozy, risque de passer des jours voire des semaines ou même des mois si ce ne sont des années tumultueuses avec les révélations fracassantes de son collaborateur Patrick Buisson auxquelles est venu se greffer le sulfureux dossier sur l’éventuel financement de la campagne de l’ex-chef d’Etat par la Libye de Mouammar Kadhafi.

Alors que Nicolas Sarkozy traverse un cauchemar sans précédent avec la parution prochaine du livre « La Cause du Peuple » de Patrick Buisson, ancien conseiller de l’ex-Président, qui révèle des souvenirs gênants pour l’ancien chef de l’Etat français, notamment des manœuvres, mais aussi des manipulations orchestrées par l’ancien ministre et Président de la France, voilà que le brûlant dossier libyen articulé autour du financement de la campagne de 2007 refait surface. Suffisant pour comprendre que Sarkozy est entre le marteau et l’enclume.

Patrick Buisson, dans son recueil, décrit un autre visage de Nicolas Sarkozy, avec des révélations allant jusqu’à démonter la stratégie de Nicolas Sarkozy, frôlant parfois le soupçon de manipulation des masses. Par exemple, cette anecdote qui remonte à 2006, alors que Nicolas Sarkozy occupait les fonctions de ministre français de l’Intérieur. L’ancien Président aurait surfé sur les émeutes en banlieues et sur l’opposition au CPE pour installer un climat anxiogène et soigner son image de « premier flic de France ». Au lieu d’empêcher les heurts, Nicolas Sarkozy les aurait instrumentalisés pour son propre compte, révèle Patrick Buisson dans son ouvrage. « Nous avions pris la décision de laisser les bandes de black et de beurs agresser les jeunes Blancs aux Invalides », avait, selon Buisson, lâché Sarkozy. Plus tard, le cabinet du ministre préférera livrer un scoop pour que Paris Match publie des photos de l’agression. « L’opinion ne retiendrait qu’une chose : des hordes sauvages étaient entrées dans Paris », écrit Buisson.

Les révélations de Patrick Buisson touchent même l’avis de Nicolas Sarkozy sur son prédécesseur Jacques Chirac, que le candidat à la Primaire pour la droite décrit comme « le plus détestable de tous les présidents de la Ve République ». « Je n’ai jamais vu un type aussi corrompu », aurait déclaré Nicolas Sarkozy à l’endroit de Jacques Chirac. Alors que ce livre qui sonne déjà comme une bombe n’est pas encore sur les étagères et est du reste très attendu par les Français et le monde entier, voilà qu’un autre dossier, tout aussi brûlant ou même plus, refait surface : celui du financement de la campagne de Nicolas Sarkozy lors de la Présidentielle de 2007 par la Libye.

Financement libyen de la campagne de Sarkozy en 2007

En effet, Mediapart a révélé que la justice française a obtenu le carnet d’un ancien haut dignitaire du régime libyen de Mouammar Kadhafi, qui détaille trois versements destinés à financer la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Au total, trois versements pour 6,5 millions d’euros ont été effectués. Et Mediapart révèle que ce carnet appartient à Choukri Ghanem, ancien ministre du Pétrole par ailleurs proche de Mouammar Kadhafi. Ce haut dignitaire a consigné dans son carnet le compte-rendu d’une réunion, à la date du 29 avril 2007, où est évoqué le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy. Bachir Saleh, directeur de Cabinet de Kadhafi, aurait ainsi assuré avoir transféré 1,5 million d’euros à Nicolas Sarkozy.

Deux autres versements sont détaillés dans ce carnet : un de 3 millions d’euros, envoyé par le fils de Mouammar Kadhafi, Saïf al-Islam Kadhdafi, et un autre de 2 millions par l’ex-chef des services secrets intérieurs libyens, Abdallah Senoussi. Au total, ce sont près de 6,5 millions d’euros qui auraient donc été transférés. Le propriétaire de ce carnet, Choukri Ghanem, est décédé il y a plus de quatre ans. Le corps sans vie de cet ancien haut dignitaire a été retrouvé flottant sur le Danube, à Vienne, le 29 avril 2012. Mediapart insiste que « de nombreuses zones d’ombres et incohérences continuent d’entourer cette disparition ». L’ancien haut dignitaire avait été retrouvé mort au lendemain de la publication, par Mediapart, d’un document évoquant l’accord des autorités libyennes pour financer la campagne de Nicolas Sarkozy à hauteur de 50 millions d’euros.

Ce document, accablant pour l’ex-chef de l’Etat français, a été transmis au juge d’instruction Serge Tournaire et aux policiers de l’Office central de lutte contre la corruption (OCLCIFF) par la justice norvégienne dans le cadre d’une demande d’entraide internationale. Deux dossiers plus que brûlants qui vont sans doute hanter le sommeil de l’ex-Président français.

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