25 septembre 2017 / Mis à jour à 17:38 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux
France - Union Européenne - Femmes - Droits de l’Homme - Enfance
Excision : des médiateurs formés pour sensibiliser les communautés africaines d’Europe
La formatrice Sokhna Fall et les médiateurs et médiatrices, dans le 19ème arrondissement de Paris

Le programme de l’Union Européenne Change plus, en partenariat avec l’ONG française Equilibres et populations (Equipop), ont lancé un projet qui consiste à former des médiateurs et médiatrices sur la question de l’excision pour une lutte plus efficace auprès des communautés africaines d’Europe. En France, six d’entre eux ont suivi cette formation pointue à Paris, pour plus d’efficacité dans la lutte contre cette mutilation partielle ou totale des parties intimes des fillettes ou jeunes filles.

Lutter contre l’excision, ablation partielle ou totale des parties intimes des fillettes ou jeunes filles, qui touche une partie du continent africain, y compris l’Egypte, mais aussi l’Asie ou encore l’Amérique du Sud, est loin d’être une mince affaire. Alors comment convaincre les communautés africaines en Europe qui pratiquent encore cette mutilation génitale d’y mettre un terme ? Comment les sensibiliser efficacement sur les dangers et conséquences dramatiques de ce fléau ? Tant de questions auxquelles la formation des médiateurs et médiatrices mise en œuvre par le programme de l’Union européenne Change Plus, en partenariat avec l’ONG française Equilibres et populations (Equipop), s’est engagée à répondre.

500 000 femmes excisées en Europe

En tout, six médiateurs et médiatrices bénévoles, Soumaïla, Dieynaba, Djiguiba, Rouckiatou, Aïssata, Fatima ont bénéficié de cette formation très pointue de septembre 2016 à janvier 2017. Désormais, leur objectif est de mettre en œuvre tout au long de l’année en cours des campagnes de sensibilisation et actions concrètes pour emmener ceux qui pratiquent l’excision vers son abandon.

Leur formatrice Sokhna Fall, originaire du Sénégal, les a formés à avoir la bonne approche pour lutter efficacement contre l’excision, mais également à comprendre l’environnement des communautés qui la pratique ainsi que leurs traditions et coutumes. Elle a également longuement insisté durant la formation sur l’importance d’utiliser les mots appropriés pour parler de cette pratique qui reste taboue. «  Il faut bannir les mots tels que barbarie par exemple », affirme-t-elle « car les personnes qui pratiquent l’excision pense que c’est une bonne chose et ignorent les conséquences néfastes qu’elle peut avoir sur les fillettes ». Il est donc primordial, selon elle, « d’utiliser les bons termes pour les emmener à comprendre la nécessité de l’abandon de la pratique », explique la responsable à Afrik.com. Elle précise aussi que «  la formation ne cible pas seulement les communautés africaines d’Europe, le but étant également d’inciter ces dernières à sensibiliser leurs proches restés en Afrique sur la question pour les emmener à y mettre un terme  ».

« Il y a eu de grandes avancées dans la lutte contre l’excision »

Après cette formation dense, les médiateurs s’attèlent désormais à organiser tout au long de l’année sur le terrain de nombreux évènements, tels que des cinés-débats, des conférences, des débats auprès des communautés africaines pour sensibiliser sur la question de l’excision. Selon les estimations de l’ONU, au moins 200 millions de femmes dans le monde sont excisées. En Europe, 500 000 ont été excisées et 180 000 jeunes filles en sont victimes chaque année. En France, on estime à 50 000 le nombre de femmes excisées et au Royaume-Uni 170 000. Des chiffres qui montrent que cette pratique a encore la peau dure dans le monde mais également au sein de l’Union européenne.

Même s’il y a encore beaucoup à faire pour y mettre un terme, de son côté Sokhna Fall garde espoir et estime qu’il « ne faut pas non plus mettre de coté les grandes avancées qu’il y a eu ces dernières années en matière de lutte contre l’excision. En Europe de nombreuses personnes ont au fil du temps arrêté la pratique  ». Ce projet de formation des médiateurs et médiatrices qu’elle dirige contribuera aussi sans doute à convaincre d’autres personnes à déposer le couteau.



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