Emeutes à Cotonou : le Bénin risque-t-il l’embrasement ?


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Alors que la parenthèse des élections législatives au Bénin s’est refermée sur la victoire du parti présidentiel, Cotonou, capitale économique du pays, a été dans l’après-midi du lundi 4 mai 2015, le théâtre d’émeutes indescriptibles. Ce fait pour le moins inhabituel dans ce pays réputé pour son pacifisme interpelle.

« Le Bénin est un pays de paix ». C’est là une phrase que ne se lassent pas de répéter les Béninois qui ne sont pas peu fiers de la démocratie et de la quiétude qui caractérisent ce pays. Mais après les évènements de ce lundi 4 mai 2015, le peuple béninois a des raisons plus que légitimes de retenir son souffle.

Les faits

Dans la matinée du lundi 4 mai 2015, les forces de l’ordre, munies d’une convocation, se seraient présentées au domicile du député Candide Azannaï, avec pour ordre de l’arrêter. Ladite arrestation n’a toutefois pas eu lieu, car ce dernier n’était guère à son domicile.
C’est en réaction à cette tentative d’arrestation que les voisins et partisans de Candide Azannaï se seraient opposés aux forces de l’ordre, avant d’être rejoints par d’autres manifestants. Le mouvement a par la suite dégénéré dans l’après midi. L’opinion publique béninoise semble d’ailleurs prendre fait et cause pour le député contre lequel le président Boni Yayi a porté plainte pour outrage.

Des représailles venues de la présidence

Il faut dire que certains évènements survenus lors de la campagne électorale tendent à donner du poids au point de vue du Béninois lambda. En effet, Candide Azannaï et Boni Yayi s’étaient livrés à une véritable rixe verbale pendant la campagne électorale, s’affublant de divers noms d’oiseaux. Le Président n’avait donc que très peu goûté aux propos de son ancien allié et souhaitait prendre des sanctions à son encontre.

Mais l’interpellation d’un député ne peut s’effectuer que suivant une procédure spécifique, laquelle a manifestement été ignorée par Boni Yayi dans sa quête de vengeance. Plusieurs opposants se sont donc prononcés pour apporter leur soutien à Candide Azannaï. Lequel des deux hommes a raison ou tort ? La réponse à cette interrogation n’a désormais qu’une importance accessoire face aux appréhensions des Cotonois qui savent pertinemment que le seul vrai perdant n’est autre que le Bénin. Les manifestants menaçant de marcher sur la présidence, plusieurs axes routiers ont été bloqués par les forces de l’ordre qui ont déployé à cet effet l’artillerie lourde, notamment des chars.

Au moment où nous publions cet article, le calme est revenu dans les rues de Cotonou, car le Président Boni Yayi a retiré sa plainte dans la nuit de lundi à mardi. Si lesdites émeutes n’ont fait aucun mort, les pneus et voitures incendiés prouvent que contrairement à ce que l’on a pu penser jusque-là, le Bénin peut, à l’instar de tout autre pays, basculer dans la violence et les excès.

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