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Djibouti - France - Roumanie - Conflit - Justice - Drame - Défense
Djibouti : sept ans après la mort d’un légionnaire, ses supérieurs jugés à Paris

Quatre anciens de la Légion étrangères sont jugés, ce jeudi, aux Assises de Paris pour la mort d’un de leur camarade lors d’un exercice à Djibouti, en 2008.

Que s’est-il passé en 2008 lors d’un entraînement des légionnaires étrangers à Djibouti qui a conduit à la mort de l’un d’eux ? C’est ce que la justice français va tenter de découvrir. En effet, la Cour d’assises de Paris juge, ce jeudi 17 septembre 2015, quatre anciens de la Légion étrangère pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, commises en réunion ». Dans le box des accusés, deux légionnaires manquent à l’appel, ils sont en fuite.

Parmi les quatre personnes jugées figurent le lieutenant français Médéric Bertaud et le caporal roumain Petru Sabin Suciu. Ils sont soupçonnés d’être à l’origine de la mort de Joszef Tvarusko, un Slovaque de 25 ans du 2e régiment étranger de parachutistes (REP). Absents du procès, deux autres responsables, un Chilien et un Mexicain, sont visés par un mandat d’arrêt international, depuis 2008. Ils ont tous été radiés de l’armée, ils risquent vingt ans de réclusion criminelle.

Durant l’instruction, les avocats des accusés ont admis que leurs clients avaient commis « des erreurs d’appréciation voire même une faute de commandement mais que la place des deux responsables n’est pas en prison ». L’avocat de Médéric Bertaud estime que le traitement de l’affaire est allé beaucoup trop vite. « Tout va très vite : c’est peut-être la première fois depuis la guerre d’Algérie qu’un officier est incarcéré et radié de l’armée », martèle-t-il.

Le drame s’est produit le 5 mai 2008 lors de l’exercice Bour Ougoul, une manœuvre contre-terroriste qui consistait à rechercher et neutraliser un groupe ennemi sur quatre jours. La température est insoutenable alors que les légionnaires doivent progresser vers un pic rocheux. Le jeune Joszef Tvarusko a du mal à tenir le rythme, mais il est contraint à continuer par ses supérieurs qui lui assènent des coups en lui ordonnant de rester au soleil durant les pauses. A la reprise, ses supérieurs décident de le priver d’eau, le Slovaque s’écroule sur un buisson dans la dernière ascension. Selon le juge d’instruction, il est mort non pas d’un coup de chaleur, mais à la suite du prolongement d’un effort disproportionné par rapport à ses capacités physiques.

Le procès va durer jusqu’au 25 septembre prochain. Huit jours pour mettre déterminer si les conditions de l’exercice et notamment les décisions de l’encadrement ont causé ou non la mort du légionnaire de 25 ans. La famille du jeune Slovaque n’assistera pas à l’audience.



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