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Crise en Centrafrique : les enfants soldats au cœur du conflit

Les enfants ne sont pas épargnés par la crise centrafricaine. Près de 2 500 filles et garçons seraient recrutés par les rebelles et les milices pro-gouvernementales en confrontation depuis la mi-décembre. Selon l’Unicef, qui a tiré la sonnette d’alarme, ils auraient regagnés leurs rangs bien avant le début de l’éclatement du conflit.

Les enfants soldats victimes de la crise centrafricaine. Près de 2.500 filles et garçons auraient été enrôlés par les rebelles et les forces pro-gouvernementales. Les conclusions de l’Unicef sont sans appel. Ils étaient déjà parmi les groupes armés bien avant l’éclatement du conflit entre l’armée centrafricaine et les rebelles du Séléka. Ces derniers, qui réclament le départ du président François Bozizé, contrôlent déjà les ¾ du pays.

Agés entre 3 et 18 ans, ces enfants, issus de milieux très défavorisés, sont vulnérables. Une fois recrutés, les jeunes garçons peuvent être contraints de combattre, de transporter du matériel militaire ou d’être des messagers. Quant aux filles, elles sont généralement enrôlées pour faire la cuisine ou devenir des esclaves sexuelles. Mais « ces nouveaux recrutements viennent ternir les acquis que nous avions sur la question », affirme Souleymane Diabaté, représentant de l’Unicef en Centrafrique, contacté par Afrik.com. « Depuis 2007, nous travaillons avec les autorités gouvernementales pour tenter de récupérer ces enfants aux mains des milices armés, notamment du nord du pays », souligne-t-il.

Ces recrutements sont inacceptables !

La situation est pour le moment toujours très tendue en Centrafrique. Ce qui a contraint Souleymane Diabaté et une partie de son équipe à quitter la Centrafrique. Ils se sont réfugiés à Yaoundé, au Cameroun, pour ne pas être pris comme cibles dans le conflit. « Néanmoins nous continuions toujours à travailler jour et nuit pour faire en sorte que les enfants ne tombent plus aux mains des rebelles, a tenu à préciser l’humanitaire. Nous avons toujours du personnel à Bangui », la capitale centrafricaine. Cela fait déjà un bon moment que nous n’avons plus accès aux zones où les populations sont le plus en difficulté. « Nous demandons aux autorités et rebelles de permettre aux humanitaires de se rendre sur le terrain pour donner la réponse humanitaire ».

Souleymane Diabaté est particulièrement inquiet pour les enfants des rues qui se trouvent dans son pays. « Démunis et livrés à eux-mêmes, ils sont encore plus vulnérables face aux milices ». Mais ils ne sont pas les seuls à être recrutés. Les rebelles enlèvent aussi de force des enfants ayant perdu leurs parents et qui sont donc une proie facile, précise-t-il.

« Ces recrutements sont inacceptables ! Il faut que le gouvernement réagisse ! », fustige-t-il. « Les rebelles eux doivent cesser immédiatement d’enrôler les enfants dans leurs rangs car ils doivent aller à l’école ! Si des dispositifs ne sont pas pris très rapidement d’autres enfants risquent d’être enrôlés », prévient l’humanitaire centrafricain. Jusqu’à présent, assure-t-il, nous avons réussi à récupérer près de 1000 enfants. Une fois arrachés aux mains des milices après moult négociations, ces derniers sont ensuite placés dans un centre, où ils sont pris en charge. On leur apprend un métier. L’objectif est de leur donner des perspectives d’avenir pour qu’ils puissent peu à peu se reconstruire.


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