Et la Libye se retrouve avec deux gouvernements


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Le gouvernement libyen sortant d’Abdallah al-Theni n’a officiellement pas cédé le pouvoir au nouveau cabinet de son successeur Ahmed Miitig, dont l’élection est contestée. La Libye se retrouve ainsi avec deux gouvernements. La justice doit désormais trancher pour déterminer lequel va gouverner.

C’est une véritable cacophonie qui règne en Libye, au sommet de l’Etat, si l’on peut considérer qu’il y en ait un officiellement. Le gouvernement libyen sortant d’Abdallah al-Theni n’a en effet officiellement pas cédé le pouvoir au nouveau cabinet de son successeur Ahmed Miitig, dont l’élection est contestée. Contre toute attente, le pays se retrouve avec deux gouvernements.

Si l’élection d’Ahmed Miitig, très contestée, a finalement été validée par le Congrès général national (CGN), c’est désormais à la justice de trancher pour déterminer lequel des deux cabinets va gouverner. C’est en tout cas cette fameuse décision judiciaire qu’attend impatiemment le Premier ministre sortant, qui a affirmé, ce mercredi, qu’il s’en remettait à la justice pour déterminer s’il devait céder le pouvoir ou non. « Partant de sa responsabilité historique, le gouvernement par intérim s’engage au respect total de toutes les décisions de la justice », selon le communiqué, évoquant les recours déposés par des députés contre l’élection d’Ahmed Miitig au Parlement.

L’imbroglio remonte à début mai, lorsque Ahmed Miitig avait été élu lors d’un vote chaotique au Congrès général national (CGN-Parlement). Plusieurs députés libéraux ont en effet accusé les blocs islamistes d’avoir laissé le vote ouvert à des retardataires après l’annonce du résultat, afin d’atteindre les 121 voix requises, alors qu’Ahmed Miitig n’avait recueilli initialement que 113 votes. Dans le même temps, plusieurs politiciens et groupes armés avaient déjà prévenu qu’ils ne cautionneraient pas un gouvernement formé par Ahmed Miitig. « Il ne s’agit pas d’un différend entre les deux gouvernements, mais d’un imbroglio au sein du CGN », a pour sa part assuré Abdallah al-Theni, après la lecture du communiqué.

Abdallah al-Theni a notamment invité le Congrès « à faire prévaloir la raison et à se réunir pour trouver une sortie à la crise ». Le cabinet d’Ahmed Miitig n’a de son côté pas souhaité réagir, pour le moment.

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