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Centrafrique - Conflit - Politique - Election
Centrafrique : « A quand le gouvernement d’union nationale ? »

La constitution du gouvernement Tiangaye, un véritable secret de polichinelle. Pendant que le Premier ministre dresse toute la République sur la majorité présidentielle pour avoir retardé la liste de leurs représentants, en vue de mettre en place son gouvernement ; voilà que la majorité déclare avoir remis sa liste depuis le 26 janvier dernier. Alors où se trouverait le blocage ?

(De notre correspondant)

Blocage dans la mise en place du gouvernement Tiangaye. Les Centrafricains en parlent partout, dans les caves, sur la route, dans les lieux publics et privés, etc. En face, le pays marche au ralenti, les membres du gouvernement dissout, du moins ceux qui n’ont pas fui la chasse aux sorcières des milices du pouvoir qui les assimilent aux rebelles du Séléka, n’évacuent que des affaires courantes. La pauvre population qui ne sait à quel saint se vouer, brûle d’impatience en se posant la question : « à quand la mise en place du gouvernement ? ».

Il aura fallu attendre le 25 janvier dernier pour que le Premier ministre, Me Nicolas Tiangaye situe l’opinion sur l’état d’avancement de la constitution de son gouvernement. Selon le chef du gouvernement, sur les cinq entités devant constituer le gouvernement, quatre ont déjà proposé des noms et des postes souhaités. Il s’agit du Séléka, l’opposition démocratique, politico-militaire non armée et la société civile. Seule la majorité présidentielle n’avait pas encore envoyé sa liste. Il a ainsi, tacitement pointé du doigt, la majorité présidentielle d’être à la cause du retard enregistré dans la formation du gouvernement.

Le paradoxe

Le statu quo a perduré jusqu’à ce jour. Toujours pas de gouvernement. Mais, une révélation faite le 31 janvier dernier à la radio nationale par l’un des milices du président Bozizé, notamment le coordonnateur de la Coalition citoyenne d’opposition aux rebellions armées (COCORA) M. Lévy Yakité, correspond à s’y méprendre. A en croire son intervention, un jour seulement après la conférence de presse du Premier ministre, c’est-à-dire le 26 janvier 2013, la majorité présidentielle a déposé la proposition des noms de ses ministrables et les postes souhaités sur la table de Me Tiangaye. Il s’est même posé la question de savoir les causes de ce blocage « machiavéliques » selon ses termes. Il a même suspecté une certaine influence sur le Premier ministre d’où sa mise en garde à l’endroit de Me Tiangaye : « Nous pensons que le Premier ministre est un homme de droit. Qu’il ne devienne pas l’otage de certaines personnes qui ne cherchent que leurs intérêts égoïstes ».

Alors dans ce jeu de ping-pong que gagne le pauvre citoyen qui n’a besoin de sa liberté pour vaquer à ses activités traditionnelles qui lui donnent son pain quotidien ? Par ailleurs, il s’est avéré que le blocage se situe au niveau des quatre postes de souveraineté, à savoir celui des Finances et du budget, des Mines, des Affaires étrangères et de l’Aviation civile. A la lecture de la déclaration du coordonnateur de COCORA, au nom de la majorité, semblerait-il que les postes en question ont été déjà sollicités par les autres entités.

Or, à en croire M. Yakité, si l’accord de paix de Libreville, notamment en son article 1 confère au président de la République le pouvoir de conduire le pays jusqu’à 2016, c’est-à-dire que la Constitution n’a pas été suspendue, c’est ce dernier qui doit pourvoir les portefeuilles de souveraineté.

Finalement, le point de blocage de la formation du gouvernement Tiangaye se résume aujourd’hui en partage des postes de souveraineté de l’Etat. Alors, qui de Bozizé et de l’opposition fera concession ? Tant on sait que Bozizé n’est pas du genre à céder dans ces cas et que l’opposition, avec comme tête de pont, Me Tiangaye, exagérément galvanisée avec les accords de Libreville, campe sur sa position.


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