22 novembre 2017 / Mis à jour à 06:35 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux
Brésil - Histoire - Politique - Portraits
Carlos Santos, pionnier noir brésilien dans la politique au Rio Grande do Sul
Les questions raciales ont commencé à gagner en visibilité politique au Rio Grande do Sul en 1935, lorsque fut élu le premier député noir de l’histoire du parlement gaúcho, Carlos Santos. Précurseur dans la lutte pour l’égalité des races, ses idées furent suivies par d’autres politiciens ayant également marqué l’histoire dans la défense des minorités dans l’État du Rio Grande do Sul : Alceu Collares, Paulo Paim et Edson Portilho sont des exemples de gaúchos qui continuent le combat pour les idées de Santos.

Petis-fils d’esclaves libérés et fils d’affranchis, Carlos Santos est né en 1904, à Rio Grande/RS. Le leadership de Carlos Santos en tant que métallurgiste l’a mené à son premier mandat de député d’état classiste. A partir de la nouvelle Constitution de l’État, promulguée en juin 1935 et qui a suivi le modèle corporatiste déjà adopté par la Charte Fédérale, fut créé la fonction de représentant classiste, une sorte de leader syndical avec siège à l’Assemblée .

A 31 ans il débute sa carrière politique en tant que député classite, exerçant un mandat de tout juste deux ans jusqu’à l’institution de l’État Nouveau , lorsque tous les Parlements du pays furent fermés en 1937.

Après le coup d’État de l’État Nouveau, Carlos Santos retourna au Rio Grande et s’en alla travailler en tant que fiscaliste des élèves du Lycée Lemos Júnior. A 46 ans, il effectue une formation en Droit à l’Université Fédérale de Pelotas, commençant à exercer ses activités en tant qu’avocat au forum de Rio Grande jusqu’en 1959. Avec le retour des élections en 1946, Santos se présente à un sège vacant à l’Assemblée Législative et devient suppléant du député d’État pour le PSD avant d’être appelé trois ans plus tard à occuper la charge pour quelques jours. En 1959, il est de nouveau élu député de l’état pour le PTB, restant à l’Assemblée jusqu’en 1975, mais sous les couleurs du MDB au cours de ses deux derniers mandats.

Mais c’est le 31 janvier 1967 que Carlos Santos se hissa à sa fonction la plus haute lorsqu’il fut élu président du Législatif gaúcho. Cette année lui réserva également la matérialisation du rêve de tout politicien , à savoir gouverner son État. Le voyage du gouverneur et ex-officier de la Brigade Militaire, Walter Peracchi de Barcellos hors de l’État à deux reprises éleva Carlos Santos à la charge élective la plus haute du Rio Grande do Sul au cours d’une période de dur régime d’exception . Il fut le premier noir à être élu président de l’Assemblée et à gouverner l’État.

À peine 23 ans plus tard, en 1990, Alceu Collares sera élu, lors d’un vote direct , gouverneur des gaúchos. Carlos Santos entra également dans l’histoire en tant que président de l’Assemblée qui inaugura le Palais Farroupilha, en 1967.

Après avoir quitté le Législatif, il devient député Fédéral en 1975. Au cours de la même année, il présida le CPI (Commission d’Enquête Parlementaire) du Mineur Abndonné, qui a eu une grande repercussion au pays. Après un demi-siècle de vie publique, Carlos Santos mit fin à sa carrière politique en 1982 alors qu’il était député fédéral. En mai 1989, le Rio Grande do Sul perd le précurseur de la lutte pour l’égalité raciale et de la défense des minorités.



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