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CAN 2013 : Algérie, Maroc, Tunisie, autopsie d’une élimination
Arrivés en Afrique du Sud avec de grandes ambitions pour cette Coupe d’Afrique des nations 2013, le Maroc, la Tunisie et l’Algérie sont déjà éliminés de la compétition, au grand regret de leurs supporters. Avec des équipes pourtant intéressantes sur le papier, la mayonnaise n’a jamais réellement pris sur le terrain pour les Lions de l’Atlas et les Fennecs. Au final, les trois sélections quittent le sol Bafana Bafana par la petite porte. Retour sur les raisons d’une élimination prématurée.

Au revoir le Maghreb ! Mercredi soir, à l’issue du dernier match de la 3e journée de la phase de poules de la CAN 2013, la Tunisie a plié ses bagages et quitté la compétition sud-africaine, imitée par l’Algérie, incapable de gagner le moindre match, mais aussi le Maroc quelques jours plus tôt, sorti devant les Bafana Bafana après une fin de match complètement folle. Au final, ce sont toutes les trois équipes du Maghreb engagées dans le tournoi continental qui ne verront pas les quarts de finale.

L’Algérie entre pression et manque de réalisme

Première nation a avoir été officiellement éliminée de cette CAN 2013, l’Algérie a semblé très loin du niveau de jeu qu’elle avait laissé entrevoir pendant sa campagne des éliminatoires. Devenue deuxième nation africaine derrière la Côte d’Ivoire, l’équipe n’a jamais montré ce statut sur le terrain, pour finir par quitter la compétition avec deux défaites face à la Tunisie (0-1) et au Togo (2-0) et un nul face aux Eléphants (2-2), dans une rencontre sans enjeu.

Les Fennecs, arrivés en Afrique du Sud avec de grandes ambitions ont souffert de plusieurs lacunes mais aussi de malchance. Dès le tirage au sort des groupes, le hasard avait placé les hommes de Vahid Halilhodzic dans ce groupe D très vite appelé "groupe de la mort". Il était déjà couru que deux nations phares quitteraient prématurément le pays de Nelson Mandela et les Verts n’ont pas réussi à se sublimer pour atteindre la phase finale. La faute à un manque de réalisme criant devant le but adverse, avec trop d’occasions manquées de la part de Slimani et de ses coéquipiers. Le point d’orgue de ce manque d’efficacité aura été le match face au Togo, où les Algériens auront dominé tout le match, pour repartir avec deux buts dans l’escarcelle. Dur à avaler.

"Avec un tueur devant, on aurait d’autres discussions, plus agréables. Autant d’occasions, c’est incroyable (..) Les buteurs, qui ont remarquablement fait le boulot pendant les qualifications, n’ont pas été à la hauteur", déplorait d’ailleurs le sélectionneur. Mais l’équipe aura aussi souffert d’un déficit collectif qui a sauté aux yeux par moment, avec des individualités voulant aller faire la différence à elles seules. Le tout accompagné d’une énorme pression médiatique sur le groupe, dont la prise à partie de Vahid Halihodzic par un journaliste algérien sans doute été la querelle de trop.

Le Maroc et le syndrome du changement

Même son de cloche du côté du Maroc, où cette équipe qui s’est qualifiée presque miraculeusement pour la compétition lors du match retour face au Mozambique, après à l’aller, était attendue par les supporters des Lions de l’Atlas. Avec l’arrivée de Rachid Taoussi en lieu et place d’Eric Gerets et l’effervescence survenue après la qualification, le groupe a sans doute été vu un peu plus fort qu’il ne l’est réellement, comme l’ont démontré les trois matchs nuls lors de la phase de poules, avec des adversaires pourtant largement à sa portée (Afrique du Sud 2-2, Angola 0-0, Cap Vert 1-1). D’autant plus que les Marocains avaient leur destin entre leurs mains face aux Bafana Bafana en menant au score à deux reprises, avant de tendre le bâton pour se faire battre et finalement voir son adversaire revenir.

Un mal qu’il va falloir gommer pour les prochaines échéances des Lions, à savoir la reprise des éliminatoires pour le Mondial 2014, mais en gardant une partie de ce groupe pour lui permettre de progresser collectivement, sous peine de connaître de nouvelles désillusions. Il va aussi falloir qu’une équipe-type se dégage et que certains cadres prennent leurs responsabilités pour qu’une véritable ossature se forme. Car l’un des maux principaux pendant cette CAN 2013 aura été ses compositions d’équipe sans cesse différentes au fil des matchs. Jamais Taoussi n’aura aligné les même éléments deux matchs de suite.

La Tunisie en panne d’individualités

Plus intéressante dans le jeu, la Tunisie n’a elle non plus pas réussi à élever son niveau de jeu pour passer l’obstacle des poules. Pourtant bien lancés après un succès face à l’Algérie justement (1-0), les Aigles de Carthage se sont ensuite écroulés face à la Côte d’Ivoire (0-3), avant d’être tenus en respect par le Togo (1-1). Il y avait pourtant la place de faire mieux pour les hommes de Sami Trabelsi. C’était le match que nous devions gagner, nous avons dominé, nous avons essayé de passer par les côtés (…) Cela n’a pas marché et nous quittons la compétition sur une énorme déception, a constatait le sélectionneur à l’issue de la partie face aux Eperviers.

A l’inverse de l’Algérie, la Tunisie a sans doute manqué de joueurs capables de réaliser un coup d’éclat, comme l’a fait Youssef Msakni face aux Fennecs. L’ailier de Lekhwiya, gêné par une forte angine, est souvent apparu comme le seul à pouvoir sortir un geste de grande classe. La blessure prématurée d’Issam Jemâa, assez bon en sélection, n’a pas non plus aidé l’équipe dans la mission qui l’attendait et il va désormais falloir analyser toutes les raisons de ces échecs.

Car avec des joueurs qui évoluent pour certains dans les meilleurs championnats et les plus grands clubs européens, ces éliminations dès la phase de poules font tâche. S’il ne faut pas non plus tout effacer pour une nouvelle fois repartir de zéro dès la première contre-performance venue, un mal qui ne gangrène que trop le football africain, l’heure doit être à la réflexion pour apporter de réelles solutions à des sélections dont le potentiel n’est pas à démontrer. Halilhodzic l’a d’ailleurs rappelé après l’élimination des siens : "Le football maghrébin devrait se poser beaucoup de questions."


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