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Blanchiment d’argent : "l’Affaire Elmaleh" ou "l’Affaire du Sentier III"
HSBC Genève
L’Affaire Elmaleh, un vaste réseau de blanchiment d’argent lié à un trafic de drogue secoue depuis ce week-end la place financière suisse et la politique française.

La nouvelle fait encore l’effet d’une bombe. La finance suisse et la politique française baignent depuis ce week-end dans un scandale financier. Les responsables d’une société genevoise qui a pignon sur rue sont accusés d’appartenir à un vaste réseau de blanchiment d’argent lié à un trafic de drogue entre le Maroc, l’Espagne et la région parisienne. Les frères Elmaleh étaient à la tête de cette société fondée en 1977, aujourd’hui sous scellés.

Un vaste coup de filet a eu lieu en Suisse et en France. Le démantèlement du réseau a conduit à l’arrestation de dix-neuf personnes à Genève et à Paris, dont l’adjointe EELV au maire de Paris, Florence Lamblin. Près de quarante millions d’euros auraient été blanchis depuis 2012 par les frères Elmaleh. Qui sont les frères Elmaleh ? Comment le réseau fonctionnait-il ?

Le circuit

Trois frères, les Elmaleh. Membres de la communauté juive marocaine, l’aîné, Meyer Elmaleh, et le benjamin, Nessim Elmaleh, étaient domiciliés depuis plusieurs années dans les quartiers huppés de Genève. Le troisième frère, Mardoché, était installé à Paris. Ils sont les présumés « cerveaux » de cette éléphantesque combine.

Mardoché centralisait les sommes, en espèces, des ventes de cannabis. Il entrait ensuite en contact avec des notables désireux de rapatrier des fonds placés sur des comptes bancaires en Suisse. Mardoché touche sa commission, et les sommes, une fois débitées des comptes suisses, sont créditées sur le compte de la société GPF S.A. à Genève, administrée par Meyer.

C’est alors que Nessim, le benjamin de la bande, entre en scène. Employé à HSBC Genève, il profitait de sa position pour déposer une partie de l’argent blanchi sur des comptes qu’il ouvrait à l’étranger. L’autre partie « aurait pu être investie dans des biens immobiliers au Maroc, en Espagne ou à Dubaï », selon L’Express.

Le butin

Côté français, plus d’un million d’euros en espèces, deux photos d’art d’une valeur d’un million d’euros, des machines à compter les billets, six lingots d’or, des pistolets automatiques et des gilets pare-balles ont été saisis par les enquêteurs. La police suisse a quant à elle trouvé un million de francs suisses, 160 montres de collection d’une valeur de deux à trois millions de francs suisses et « une quantité importante de bijoux de luxe », rapporte le quotidien suisse Le Temps. Le journal indique également que l’assistante de Meyer notait dans un « petit cahier à spirales » toutes les transactions et les noms des bénéficiaires. Un document saisi et à charge contre les membres de la société suisse GPF.

Le stratagème bien rodé a permis à la fratrie Elmaleh de blanchir, d’après L’Express, près de 12 millions d’euros entre mai et octobre 2012. La totalité de la somme provient des ventes de cannabis, près de huit tonnes, soit une valeur marchande de 40 millions d’euros. Selon le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls, la somme est estimée autour de 100 millions d’euros.

Meyer Elmaleh, qui assure ignorer l’existence d’un quelconque réseau de stupéfiants, affirme avoir récolté les sommes transmises aux clients parisiens dans l’unique but de financer des écoles juives.

La fuite d’un responsable

Un responsable à Paris, un caïd suspecté d’appartenir au réseau franco-suisse, a pris la fuite au Maroc peu avant les arrestations du 10 octobre. Ce dernier, d’origine marocaine, est présenté comme un ami d’enfance de Meyer Elmaleh. D’après Le Monde, « cet ami lui aurait proposé (A Meyer, ndlr) un arrangement permettant à ses clients de disposer en toute discrétion de liquidités en France contre des virements de leur compte suisse vers des donateurs cherchant à fournir de l’argent en toute discrétion à des personnes ou des institutions en Israël ou ailleurs ».

Voilà un scandale financier qui rappelle étrangement l’Affaire du Sentier II. C’est en tout cas une mauvaise nouvelle pour la Suisse qui lutte depuis des années pour casser le mythe qui fait d’elle le berceau de l’argent et de la drogue...


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