25 septembre 2017 / Mis à jour à 00:13 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux
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Bénin : le phénomène Sergent Markus !

Sergent Markus est inclassable, hors norme, esprit libre et sans frein, aux frontières de plusieurs univers très différents, tirant le meilleur de chaque discipline, toujours entier et toujours neuf. Rencontre avec un artiste sans frontières qui n’a pas sa langue dans sa poche, mais qui la tire plus vite que son ombre.

AFRIK.COM : Toi, Sergent Markus, l’inclassable, puis je te demander de te définir pour les lecteurs d’AFRIK.COM ?

Sergent Markus : Il est difficile de se définir soi-même. Mais je dirais que je suis un officier manqué qui a trouvé son salut dans les métiers de la parole et de l’écriture. Car, ancien sergent de l’armée béninoise, rappeur, slameur, poète, journaliste, éditorialiste, publicitaire, communicant, je gagne ma vie en écrivant ou en prononçant des mots.

Certains m’appellent écrivain, mais je ne l’accepte pas car pour moi les écrivains sont démiurges, ce que je suis loin d’être. Mais une chose est sûre, je promène mon miroir dans les rues et dans les concessions et je trempe ma plume dans les plaies et les tares de la société africaine et celle du Bénin en particulier. Au final, je me définirais comme un anticonformiste et un artiste engagé pour une Afrique effectivement indépendante et une gouvernance publique au service du peuple.

AFRIK.COM : Ce qui est prodigieux avec vous, c’est que vous créez à jet continu. Toujours en effervescence, qu’avez-vous sur le feu ?

Sergent Markus : (rire) Oui, en effet j’écris tout le temps des textes. Actuellement, je travaille sur les textes de voix off pour la série télévisée Cotonou, dont le réalisateur est le très promoteur Aymar ESSE. Je collabore aussi sur deux titres d’un album de jazz du Français François Luthereau qui vit au Bénin seulement depuis quelques années. L’un des titres est un vibrant hommage à l’immense Miles Davis.

Par ailleurs, je suis l’un des artistes du BIM, Bénin International Musical. Un projet de valorisation de la musique béninoise à l’échelle internationale grâce au partenariat tripartite de Radio France, Togezer Productions et l’agence culturelle Awo Négoce dirigée par le musicien béninois Aristide Agondanou. Ce projet est l’inspiration du journaliste français Hervé Riesen, un grand amoureux des rythmes du Benin, mais son pilotage musical est l’oeuvre du Nantais Jérôme Ettinger.

Enfin, dans quelques mois, je sortirai mon 3e album de slam avec des collaborations de très bonne facture. Les textes sont déjà écrits, les musiques composées. Certains titres ont d’ailleurs fait partie du répertoire de mon dernier concert à l’Institut Français de Cotonou, le 29 octobre 2016. Ici, je varie les thèmes et les sujets pour rendre mon slam plus accessible et plus universel. Et par ailleurs, la plume sacrée continue de hanter mon esprit et je pourrais bientôt publier un recueil de poésie...

AFRIK.COM : Puisque vous êtes en son cœur, comment jugez-vous la scène béninoise aujourd’hui ?

Sergent Markus : Beh.... La scène béninoise est très prometteuse. Il y a de nouveaux talents, des producteurs vraiment volontaires qui font des choses très intéressantes. De jeunes artistes béninois commencent à imposer leurs noms et leur marque dans la musique urbaine africaine et à l’intérieur, ils sont de véritables célébrités, qui font danser les Béninois.

Donc la scène musicale béninoise est fort bouillonnante actuellement. Cependant l’absence de structuration , d’organisation et d’une véritable industrie culturelle plombe les efforts de tous les autres talents livrés souvent à eux-mêmes, et qui vivent très difficilement du statut d’artiste. Des réformes sont annoncées par le nouveau gouvernement, pour aider le secteur de la création à se construire professionnellement. Nous les attendons de pied ferme.

AFRIK.COM : Quel est le principal message que vous voudriez passer à la jeunesse béninoise ?

Sergent Markus : À la jeunesse béninoise, je voudrais demander de penser à son avenir et de ne pas se laisser instrumentaliser par les politiques. Seul le travail libère l’homme et ce n’est qu’en travaillant qu’on goûte aux délices de la vie. À toute la jeunesse africaine, je voudrais lancer un appel pour une prise de conscience au sujet de notre rôle. À nous de nous mobiliser et de conduire les grands changements qui s’imposent. Ce sont la suppression du Franc CFA, la fin de l’immigration clandestine, et l’instauration de la bonne gouvernance pour un réel développement basé sur nos ressources propres.



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